Publié dans Parentalité, Tristesse

Le miracle n’a peut être pas eu lieu

14956553_173559223106160_5842995941445898338_n Et si je m’étais fourvoyée à nouveau ? Et si je n’avais pas voulu VOIR depuis son retour de chez son père, par habitude de ses différences, de son atypisme ? Et si j’avais trop l’habitude de colmater pour l’excuser ?

Je me « réveille » doucement depuis quelques mois : il est et restera complètement atypique. Un syndrome de la Tourette s’accompagne forcément d’un léger Asperger, je l’ai toujours su. Cette dualité qui a toujours été la sienne : asocial mais souffrant de la solitude. Colérique et silencieux à la fois.

Je n’ai pas voulu voir quand on me disait qu’il lui manquait cette empathie nécessaire pour aller véritablement vers l’autre.

Je n’ai pas voulu voir que ses idéaux n’étaient qu’une excuse pour rejeter et détester.

Je n’ai pas voulu voir qu’il ne pouvait rien tenir sur du moyen terme.

La rupture semble proche. Il n’est plus seul. Il a des amis comme lui. Ces perchés et doux illuminés qui finissent SDF s’ils n’ont pas trouvé d’environnement apaisant et naturel. Cette frange difficilement palpable car « pas assez mais trop ».

Je me suis réveillée à un énième abandon de formation de sa part. A mes bras ouverts restés ballants, à cette fleur de vie asséchée de n’avoir pas reçu d’amour.

J’ai fait un dernier effort et avais accepté une de ses copines depuis jeudi à la maison. Et là, j’ai compris : la fille n’appréhendait même pas « que j’étais là et étais l’hôte ». Je n’existais pas. J’ai voulu mettre fin à cette intrusion malsaine ce matin, clairement mais sans grossiéretés. La fille est partie. Le sac à dos de mon fils aussi.

Mon coeur s’est brisé en mille morceaux. Cette douleur mille fois ressentie, à chacun de ses abandons.

Mais je me suis ressaisie vite : STOP ! STOP ! Je veux vivre tout autant que lui !

Alors, demain et après-demain, je réapprendrais à vivre sans colmater. Je continuerais à espérer qu’il trouve son environnement adéquat qui apaise son atypisme. Mais malheureusement, je crains qu’il ne se heurte à l’individualisme et au profit.

Mais qu’importe. Chaque chose en son temps. Il assumera ses (mauvais) choix, je continuerai à vivre. Et si le temps à nouveau viendra où il aura besoin de moi ou tout simplement, voudra « me rejoindre » alors, j’aviserai.

Pour l’instant, je veux vivre avant de ne plus y survivre !!!

Dans ces moments là, la solitude d’âme me pèse énormément…

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Publié dans Amour, Lectures, Méditation, Ressentis

Blue January

24993443_1760324980646353_5819315582535260979_n  Samedi : Depuis mon retour de Londres, le spleen m’envahissait. Le mauvais temps n’aide pas, c’est certain. Je n’arrive pas à décrocher mon attention d’événements que je considère négatifs et qu’ils ne le sont sans doute pas d’ailleurs. Ils doivent être au contraire révélateurs de lâcher prise et d’attention à acquérir vers la vacuité et tous ses possibles.

Incertitude de la pérennité de mon travail, impatience de mon fils qui aimerait tout plaquer pour voguer tel un vagabond…. La morosité et la lassitude m’assaillent et m’enveloppent. Paradoxalement, les visages éteints des humains autour de moi m’agacent au plus haut point. Je me surprends à être en colère contre tous ceux qui « ne savent pas juste être heureux ». Je sais, je suis un peu culottée et n’ai pas peur du ridicule. Mais bon, c’est entre moi et moi, alors, tout est permis 🙂

Les sentiments négatifs tels la colère, le ressentiment agissent comme un effet de pesanteur insupportable. Heureusement, désormais, je cerne assez vite ma part de responsabilité dans ces plongeons encore réguliers. Et c’est à travers la volonté de lâcher prise que j’accueille ce qui Est. Dans la pleine conscience, l’Amour rejaillit. Ma vie prend tout son sens dans le soin d’amour apporté à mes animaux d’abord. Fière de ne pas les négliger et d’être là pour eux. Car une Vie, c’est pas rien, une vie.

J’ai aidé et partagé aujourd’hui. J’ai vécu des moments de félicité comme celui de me réveiller d’une sieste bien méritée après une semaine chargée, dans la langueur apaisante et souriante de la quiétude de ma chambre. Je me sens privilégiée de pouvoir Vivre sans encombres, satisfaite et en bonne santé.

En bonne santé… Jeudi dernier à la médiathèque, le livre de Christiane Singer « Derniers fragments d’un long voyage » est venu se blottir dans mes bras. Lire les mots enthousiastes de cette femme alors qu’elle se savait mourante et qu’elle en souffrait atrocement est une leçon de vie magistrale. Jamais encore je n’avais lu un témoignage aussi poignant d’une vie qui s’en va..vers du « neuf » comme elle disait.

Ses derniers mots  édités furent « Du fond du coeur, merci ».

Je pensais au départ de mon père sur son lit d’hôpital et de mes silences qui l’entouraient. Mes 17 ans n’étaient pas une excuse. J’aurais pu faire l’effort de l’écouter, lui poser des questions, entendre cette souffrance que je ne percevais pas (comme s’il s’en était allé sans avoir été rongé par la maladie, alors que ce ne fut pas le cas..). Je manquais cruellement d’avancée vers l’autre. Et dire que je le reproche à mon fils aujourd’hui… Cet après-midi, avant ma sieste réparatrice, j’ai demandé Pardon à mon père. De ce rendez-vous manqué. Cela m’a fait un bien immense. Demander Pardon est une vraie libération !

Dimanche : Grasse matinée jusqu’à 10h. Lâcher prise sur ce « que j’ai à faire ». Je considère trop le week end comme une période qui doit rattraper mes indisponibilités de la semaine. Je dois apprendre à ré-organiser ma vie pour me sentir encore plus libre et légère. Par exemple, pour le ménage, penser à faire un petit peu chaque jour pour alléger mon dimanche.

J’avais décrété que mon week end serait pourri car depuis jeudi soir, une (énième) copine de mon fils est à la maison. Nous étions parties sur de très mauvaises bases car vendredi midi, à mon retour du travail, j’avais trouvé la porte d’entrée grande ouverte alors que j’ai deux chats susceptibles de fuir. Impossible de trouver ma Gaia qui s’était planquée. J’étais furieuse ! Le vendredi soir, la copine a investi ma cuisine comme si je n’existais pas, tant et si bien que je suis sortie jusqu’à minuit ! Et puis hier, j’ai décidé de lâcher prise. Elle a son caractère, sa façon d’être. Elle est de passage ici. Mon fils seul décidera du futur de cette relation. Je peux recevoir quelques jours quelqu’un à la maison sans en faire une jaunisse 🙂 Je ne la connais pas, ses souffrances, sa solitude sont sans doute prégnantes et déterminent sa manière d’Etre.

Hier soir, j’ai revu l’expérience de cette artiste, Marina Abramovic qui a regardé dans le « blanc de l’âme » des milliers d’inconnus assis en face d’elle un par un. L’expérience tendait à prouver qu’en se regardant au delà des apparences, en prenant le temps de Juste Regarder, alors, l’âme se détend et s’ouvre, se libère. Beaucoup pleuraient. Moi aussi, derrière mon ordi.

Ces quelques jours de réflexions analytiques m’ont aidée à dépasser mon Blue January. Je me sens rassérénée. Je remercie du fond du coeur Christiane Singer qui, à travers sa capacité à vivre le présent avec enthousiasme, malgré la souffrance et l’échéance inéluctable dont elle avait pleinement conscience, m’a permis de recouvrer la Raison d’Etre. Certes, tout n’est pas parfait dans ma vie. Les points gênants ne m’appartiennent pas spécialement (le destin de mon fils lui revient désormais et il faut vraiment que je lâche prise : c’est sans doute mon défi le plus important pour cette année à venir) ou alors ne sont pas encore prêts à être résolus (mon avenir professionnel). Au lieu de ruminer, il suffit de me dire que « Tout est possible », en cela est l’excitation d’un lendemain inconnu.

« Toute souffrance morale est notre incapacité d’expérimenter les choses comme elles sont, comme elles viennent à nous. »

 » Il est vrai que j’ai reçu un sacré don à la naissance : celui de tout magnifier. Il ne m’a jamais tout à fait quittée et je le retrouve dans cette allégresse profonde, qui malgré tout, m’habite. »

« Quand je laisse paisiblement se dérouler ma vie, le plus surprenant est que rien, mais vraiment rien ne m’y apparaît vain ou regrettable. Quelle force cela donne ! Il est vrai que j’ai passé nombre d’heures ces derniers temps « à m’asseoir » dans les zones d’ombre de ma vie, dans les relations d’amitié ou d’amour dont le fruit était resté sec, et j’ai attendu sans esquives que ces « bleus » se résorbent dans les tissus de l’âme comme se résorbe la trace des coups reçus dans la chair. Je tente de ne surtout rien esquiver. Je m’accompagne partout où l’âme me mène. »

« J’ai toujours partagé tout ce que je vivais ; toute mon oeuvre, toute mon écriture, était un partage de mon expérience de vie. Faire de la vie un haut lieu d’expérimentation.

« Allons-nous partager un moment de vie intense ? La seule chose qui m’intéresse : allons-nous partager du présent ? Du pur, du beau, du vif présent ? Voilà, voilà ! La vie comme art ! La rencontre-oeuvre d’art ! Voilà.

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Publié dans Lectures, Pensées, Ressentis, Société

Un gourdin d’une main, la chevelure d’une autre

11265418_918147411578095_8605591587900601131_n Dans son « Petit traité sur l’immensité du monde », Sylvain Tesson qui a maintes fois parcouru le monde à pied en partageant son quotidien avec des autochtones aux 4 coins du globe, dit y avoir perdu son « humanisme ». Ce dont il a été témoin et qu’il considère comme un « gynécide » l’a atterré : La femme est opprimée, rabaissée, humiliée, oubliée dans la quasi totalité des sociétés culturelles : Il a vu des femmes se pendre après avoir mis au monde des filles (Chine et Inde), manger à même le sol ce qui restait après que les hommes se soient restaurés, travailler aux champs pendant que leurs maris restaient à l’ombre des oliviers, etc, etc…

Depuis que le monde est monde, depuis que l’homme, le gourdin à la main, la chevelure de l’autre, s’est proclamé Dieu (pas pour rien qu’il ait personnifié le divin à travers des prophètes masculins), le mal s’est abattu ici-bas, pour les femmes en particulier.

Ce sujet revient inlassablement car la condition de la femme est toujours en souffrance. L’excision, le mariage forcé, l’esclavage sexuel, le sexisme, la discrimination…. Que d’horreurs perpétrées…

Pour ma part, depuis ma naissance, je ne me suis jamais construite sur un genre en particulier. Je me considère comme un « Etre vivant de race humaine et de sexe féminin ». Parce qu’il faut bien décrire mes caractéristiques physiques.

C’est peut être çà le vrai « humanisme », se définir Humain avant tout. Androgyne d’apparence, il fut longtemps difficile de déterminer en me regardant si j’étais une fille ou un garçon. Pour la petite anecdote, après une opération d’appendicite à 7 ans, quand je demandais à l’infirmière d’aller faire pipi, elle m’apporta la « glissière zizi » 🙂

Question vestimentaire, j’ai toujours été pratique : quand j’avais chaud, une robe, froid, un pantalon.

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C’est la société qui me renvoya à ma sexualité incessamment. Personnellement, ce n’est pas ce qui me caractérise. Après avoir exploré, expérimenté, j’ai choisi l’abstinence depuis de nombreuses années sans efforts ni palliatifs.

Cela ne m’a pas empêché de subir le sexisme de longue. Désolant, dégradant, consternant…pour ceux qui s’y adonnent par bêtise. Personnellement, je suis au-dessus de tout çà.

Juste humain(e). Chaque jour, je marche, mange, pète et souris. Je prends soin de moi par respect et envie de faire durer ce corps le plus longtemps possible.

Donc, quand on me demande mon téléphone pour « un rencard » alors que je fais causette fortuitement, sans que le charme n’ait opéré dans l’échange, la découverte et le partage de l’autre, quand mes « soupirants » sont grabataires, mariés, dépressifs, ma condition de « femme » m’est renvoyée en pleine gueule. Car ici, on frôle plus le syndrome Guss « sur un malentendu… » que la beauté de l’amour naissant ! J’ai beaucoup d’empathie pour les personnes que je croise et les aide au mieux, par un simple sourire déjà. Mais quand on voit en moi celle qui « pourra soulager en faisant à manger, le ménage et en massant les pieds », je vois rouge et trouve cela insupportable. Je n’y trouve aucune excuse. On ne me possède pas comme un objet, même en simple pensée. J’offre bien plus que çà : Je Suis pour tous ceux qui croisent ma route. Mais ils sont tous atteints de cécité du coeur malheureusement…

J’aime infiniment ma liberté et suis immensément reconnaissante de pouvoir décider sans aval masculin. Je pense à toutes ces femmes qui, par millions (milliard ?) ne sont pas libres de leurs faits et gestes. Cela m’indigne profondément !

Alors oui, les combats valent la peine. Cependant, je ne suis pas une Femen, juste une féministe, c’est la cause de l’ancestrale opprimée que je défends.

Je suis antispéciste aussi. Cela va de soi. Antiraciste aussi. C’est le clivage qui crée les conditions d’esclavage.

Pour autant, j’ai beaucoup mal à participer à tout ce débat concernant le harcèlement sexuel ou l’agression. Je suis….LASSE….. La vie passe et nos chaînes nous trépassent…

En ressortiront beaucoup de haine, de colère, de délation, de vies brisées. De là où nous sommes aujourd’hui, il n’y a plus qu’à espérer que toutes ces souffrances dénoncées feront évoluer favorablement la condition féminine. Et pourtant, voilà des décennies que cela semblait être le cas, à croire que l’homme restera avec son gourdin et sa poigne jusqu’au crépuscule de l’humanité…

Je suis juste triste de toute cette souffrance et de ce monde d’hallucinés.

Ce qui nous caractérise TOUS, c’est le fait d’être Vivant. Voilà le seul postulat à prendre en compte : Une vie se respecte, à commencer par la sienne.

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 » L’homme se distingue des autres animaux en ceci : il est le seul qui maltraite sa femelle, méfait dont ni les loups ni les lâches coyotes ne se rendent coupables, ni même le chien dégénéré par la domestication. »

Les Vagabonds du rail. Jack London.

Publié dans Sens, Lectures, Pensées

Si personne ne connaît votre chemin, alors, vous êtes sur le bon, le vôtre !

1947676_1022623821084774_4803717621699892003_n  La plupart des gens qui me côtoie perçoit mes choix de vie comme un ascèse. Ils ont cette idée saugrenue que je m’impose des défis et combats vainement. Mais il y a des personnes, dont je fais partie, pour qui la transcendance s’apparente à une transhumance : on ne cesse d’avancer pour paître et se repaître.

La plupart des gens pense que je m’impose des « contraintes » absurdes. Alors qu’au contraire, la simplicité me libère et m’apporte paix et sérénité. Mes choix, je ne les applique pas par dépit, esprit de rébellion, anticonformisme, mais ils sont le fruit d’une réflexion éthique et d’une volonté de paix et d’équilibre. Avec le temps, j’accepte l’idée d’être perçue comme une « pauvre fille » par certains (beaucoup). Je sais que je leur renvoie leurs propres peurs.

Mes lectures me permettent de comprendre différents courants de pensées. J’analyse et prends ce qui me convient. Je commence à me connaître suffisamment pour savoir ce dont j’ai actuellement besoin. Je suis en train de lire « le petit traité de l’immensité du monde » de Sylvain Tesson et bien que je puisse comprendre toute la teneur de son vagabondage, je ne rejoins pas sa pensée dans sa totalité : on peut trouver la liberté et la paix sans bouger. Mandela l’a fait.

Je défie les préjugés et à prioris naturellement et sans prise de tête. Ceux qui me croisent sans me connaître ne penseraient pas au prime abord rencontrer une solitaire détachée . Je ne me trimballe pas avec des Peace and Love sur les tee shirts.

Mon célibat est un acte réfléchi. Assumé, il est joie profonde. Il me confère la liberté d’Etre et d’Aimer. Il est ressources et Source.

Vous me direz certainement que je n’ai pas à me justifier. Je ne pense pas être en train de le faire. Mais voilà….

J’aime écrire comme j’aime respirer. Lorsque je m’y adonne, j’ai l’impression de virevolter, danser.

Je n’attends rien de vous ici, seulement le partage, comme une main tendue dans une ronde.

Je ne cherche pas de réponses ni d’auditoire spécifiquement. Juste Etre à travers l’écriture lue. C’est comme çà. Je fais partie de ces gens qui sont à l’aise en conférence, en cours, en écriture diffusée. Cela fait partie de ma personnalité. Je ne suis pas en attente. J’aime juste écrire. Progresser, me challenger spirituellement est foncièrement ce qui donne sens à ma vie. Je suis ainsi constituée.

J’admets mes failles, mes fragilités, mes erreurs. Cela n’empêche que j’ai envie de me relever et de me fortifier. Cela ne fait pas de moi quelqu’un qui fuit ou refuse la souffrance. J’aime juste savoir comment je vais avancer.

Je pense qu’il y a mille façons d’être humain. Certains créent, d’autres bâtissent, s’entourent, s’enroulent, suivent, s’enivrent, dépriment, s’angoissent, ont peur.

Ce qui me caractérise est cette volonté de quête spirituelle. C’est ainsi. Je sais que je l’ai toujours été, depuis toute petite. Ne pas m’y adonner est perdre sens à la vie. La vacuité de toute chose me plongerait dans le néant. Je m’ennuie dans la foule. Je trouve absurde ce qui est dans la norme.

Apprendre à me connaître est ce qui me conduit chaque jour sur mon chemin.

« Plus on évolue dans la vie, plus on se débarrasse des croyances qui nous limitent, et plus on a de choix. Et le choix, c’est la liberté. On ne peut pas être heureux si l’on se voit victime des événements ou des autres. Il est important de réaliser que c’est toujours vous qui décidez de votre vie, quelle qu’elle soit. (…). C’est vous qui êtes aux commandes. Vous êtes le maître de votre destin. Et vous ne devez pas avoir peur : vous découvrirez que c’est précisément lorsque vous vous autorisez à choisir des actions qui sont en harmonie avec vous, qui respectent vos valeurs et expriment vos compétences, que vous devenez très précieux pour les autres. Les portes s’ouvrent alors d’elles-mêmes. Tout devient plus facile et l’on n’a plus besoin de lutter pour avancer. »
Laurent Gounelle

Publié dans Amour, Partages

Evacuer la peur

epiphanie 1 Evacuer les derniers ersatz de peur envers mon fils m’a libérée d’un poids énorme. J’étais sur le chemin mais laissais mon imagination fomenter, se projeter et pourrir notre vie de temps à autre. Rarement quand même mais assez pour vouloir l’éradiquer complètement.

Ces angoisses illégitimes ressenties ces dernières semaines ont mis en lumière des incompréhensions et des erreurs. J’en ai fait mon mea culpa sans culpabilité. J’ai décidé d’avancer. Ce qui compte est aujourd’hui.

Nous avons réajusté notre relation basée sur l’échange adulte.

Rassérénés, nous nous laissons Etre. Et quand les partages se dessinent, ils se font douceurs, paix et Joie. Comme ce petit moment délicieux à l’instant pris.

Merci la Vie


DSC_0346 Ma petite Gaia ce matin ♥ Tout pour la musique mon ange ?

Publié dans Amour, Lectures, Parentalité, Sens

Accepter le mal

11201885_1089995461014276_6342573394912091486_n « Accepter le mal qu’on nous fait comme remède à celui que nous avons fait. Ce n’est pas la souffrance qu’on s’impose à soi-même, mais celle qu’on subit du dehors qui est le vrai remède. Et même il faut qu’elle soit injuste. »

(..)

Si l’on me fait du mal, désirer que ce mal ne se dégrade pas, par amour pour celui qui me l’inflige, afin qu’il n’ait pas vraiment fait du mal. »

La_pesanteur_et_la_grace

Si j’arrive malgré tout à appréhender l’envol de mon fils malgré mes peurs et doutes, c’est sans doute qu’en l’observant, je suis bien obligée d’admettre une chose : j’étais pareille étant jeune : je cherchais constamment ma voie, m’éloignais dès que je pouvais du giron familial, souffrais et m’exaltais. Tout comme mon fils…Et honnêtement, j’étais bien pire que lui car j’en voulais à ma mère de mes errances et déséquilibres ce qui régissaient mes choix de fuite et de rejet. Je ne pense pas que ce soit le cas de mon fils. Il cherche certes à couper le cordon ombilical, à s’émanciper de mon amour, mais il le fait pour lui, sa survie émotionnelle, son avancée. Et je suis injuste avec lui quand je lui reproche de ne pas m’inclure dans sa « vie ».  Il a son chemin à faire et à son âge, c’est le chemin de l’émancipation, celui de la sortie du foyer. Je dois arrêter de me projeter dans ce que sera notre relation une fois la maturité acquise. Je spécule trop ! Ce qui sera sera. Je dois trouver un équilibre entre le laisser-aller et le conseil si besoin.

Nous avons eu une grande discussion jeudi par téléphone interposé. Après quelques échanges douloureux, j’ai compris qu’il était encore incertain de ses choix dans une société qu’il ne cautionne pas. Au final, après cette formation, il ne va peut être pas rempiler sur l’université mais s’octroyer un temps de répit. Pas de pause mais de répit vis à vis du consensus social, de la route qu’on nous trace tous. Je le comprends et le soutiens. L’option qu’il a choisie est magnifique en plus. Il souhaite faire de l’écovolontariat dans des fermes biologiques (cela s’appelle faire du wwofing ). Et je trouve çà fantastique !

Bref, là n’est pas la question si je suis d’accord ou pas avec ses choix. Je dois vraiment grandir ma posture de confiance et de sérénité si je ne veux pas abîmer notre relation à jamais.

J’ai voulu faire souffrir ma mère comme j’ai voulu faire souffrir cet homme que j’aimais et qui ne m’aimait pas. Cela m’a gâché de précieuses années et hypothéqué mon équilibre à maintes reprises, me faisant frôler la folie de justesse. Car lorsqu’on veut imposer, maîtriser, « faire comprendre », on perd pied complètement.

Mes peurs actuelles vis à vis de mon fils sont effectivement un mal qui devient un vrai remède. Non dans « le juste retour des choses du mal que j’ai perpétré » car je ne crois pas en la punition et en l’autoflagellation. Mais ce mal expérimenté permet de comprendre et donc d’évoluer, de guérir. Je le comprends car je l’ai vécu. Je suis donc plus indulgente et tolérante. Plus compatissante encore car le chemin de mon fils ne doit pas être facile dans un monde où l’hyper-connexion déconnecte de l’humain. Sa recherche d’authenticité auprès de personnes qui veulent vivre les partages est tout à fait compréhensible.

Je suis désolée de l’avoir éloigné à cause de mes doutes et peurs. Je sais que mille excuses ne feront pas avancer notre relation. Seul le temps le fera. M’apaiser, accepter ses silences, son autonomie, ses libertés. Construire mon existence indépendamment sur la paix et l’équilibre.

J’aurais dû apprendre de mes erreurs. Le pire de moi a déjà fait surface, quand, refusant l’abandon de cet homme, je suis devenue égoistement hystérique à grands renforts de mots culpabilisants et blessants. Il ne pouvait que me détester.

Accepter ce qui est. Accepter le mal. Ce qui est fait ne revient pas. Il doit servir pour le présent néanmoins. Préserver ma relation avec mon fils m’est cher. Ce mal déjà perpétré et vécu doit être le remède qui panse mes blessures afin d’être forte et saine lorsque cela se reproduira. Car au final, nous ne sommes qu’humains. Tous.

 

Publié dans Lectures, Parentalité, Pensées, Ressentis, Sens

Accepter le vide

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 » N’être qu’un intermédiaire entre la terre inculte et le champ labouré, entre les données du problème et la solution, entre la page blanche et le poème, entre le malheureux qui a faim et le malheureux rassasié. En toutes choses, seul ce qui nous vient du dehors, gratuitement, par surprise, comme un don du sort, sans que nous l’ayons cherché, est joie pure. Parallèlement, le bien réel ne peut venir que du dehors, jamais de notre effort. Nous ne pouvons en aucun cas fabriquer quelque chose qui soit meilleur que nous. Ainsi, l’effort tendu véritablement vers le bien ne doit pas aboutir ; c’est après une tension longue et stérile  qui se termine en désespoir, quand on n’attend plus rien, que du dehors, merveilleuse surprise, vient le don. Cet effort a été destructeur d’une partie de la fausse plénitude qui est en nous. Le vide divin, plus plein que la plénitude, est venu s’installer en nous. »

Simone Weil. La pesanteur et la grâce.

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Des murs d’incompréhension s’érigent à nouveau entre mon fils et moi. Un glissement qui s’opère depuis quelques mois et que je refusais de voir, noyée dans l’affectif. Comme à l’époque où j’essayais d’égayer sa morosité en vain jusqu’à découvrir qu’il n’aspirait qu’à une chose : claquer la porte pour aller vivre chez son père alcoolique. J’ai connu ainsi deux, trois épisodes très douloureux où laissée sur le carreau, je restais à terre. L’abandon filial (qui semble être son apanage) m’a terrassée à plusieurs reprises. Il est arrivé qu’au fond du gouffre, malgré tout mon amour, je ne trouve plus d’écho ni de solutions, encore moins de réponses. Je me souviens que ce qui m’arriva à ces moments là n’était pas lié à « ma force et courage » mais à mon acceptation du vide. Dans la douleur extrême, je lâchais prise et tombais dans le vide. Et c’est justement dans ce vide que je trouvais le calme après la tempête, la pureté de mon être intérieur, comme empreinte de l’innocence du Rien.

Simone Weil, dont je suis en train de lire  » La pesanteur et la grâce » explique que notre volonté du bien ou du mal (distinction subjective en fonction de nos pensées : vouloir se venger par exemple est un mal considéré comme un bien « nécessaire » par celui qui souffre assez pour vouloir le perpétrer) n’est pas la Réalité, mais le fruit de notre imagination qui interprète, fomente, crée. L’énergie divine dont nous avons besoin dans ces moments là ne nous soutient guère, non par abandon, mais parce que notre Imagination pourvoit, Comble. Il n’y a plus rien à Créer et ce que nous érigeons à l’aune de la souffrance Est. Puisque nous remplissons, pourquoi « Dieu » interviendrait ? Par contre, si dans la douleur la plus intense, nous nous abandonnons à la vacuité, alors l’énergie divine entre et nous inonde de cette pureté régénératrice. Je l’ai déjà ressentie. Je me relevais de ces instants plus ancrée dans la Réalité. Je prenais alors des décisions plus concrètes, non affectées par quelconque sentiment. Quand mon fils était parti chez son père, je ne l’avais pas « banni » par mortification. Mais j’étais devenue plus droite, ferme et cela avait profité à notre relation. J’avais fait des choix purement personnels comme celui de faire cette formation Caferuis sur deux ans. Entre temps, mon fils m’avait implorée de revenir à la maison. J’avais accepté mais lui avais bien dit qu’il était hors de question que j’abandonne ma formation (qui me faisait m’absenter régulièrement et travailler le soir sur un mémoire). C’est dans le vide sans ruminations affectives que la vérité était survenue.

Je retombe actuellement dans mes anciens travers. Je l’ai guidé depuis son bac et ai remué ciel et terre pour cela. Mais il « re »-commence à faire des mauvais choix qui risquent d’hypothéquer tout ce chemin dernier. Pour les justifier, il me fuit. alors, je tente tout « comme une désespérée » : la compréhension, la discussion, l’acceptation de l’absence constante, puis la fermeté et ai essayé d’éviter l’épanchement disproportionné souvent déraisonné malheureusement. Cette dernière attitude annonce généralement les prémices de la chute dans le vide que l’on retient.

Je ne l’ai pas revu depuis mon retour de Londres. Je suis profondément blessée. J’avais prévu des congés d’aujourd’hui à lundi. J’espère calmer ma mortification. Pour cela, je vais accepter le Vide. Lâcher prise. Et m’atteler aux petits instants du temps présent qui recèlent tant de grâce, de beautés et de joies.

Toujours selon Simone Weil (son livre n’est pas chose aisée à lire et comprendre mais il offre des pépites lumineuses), la joie provoquée par le gain et nos réussites n’est pas réelle. La vraie joie est celle qui découle des instants de grâce alors qu’on s’abandonne à la Vie. Lorsque je fais le bilan de cette dernière semaine, il est vrai que je n’ai pas ressenti de vraie joie en faisant la fête au resto, ni en prenant l’avion, ni en trouvant des Doc Marteens pas chères pour mon fils. La Vraie JOIE, je l’ai profondément ressentie quand ce petit écureuil m’est apparu alors qu’on traversait Hyde Park. Pour ne citer que cet exemple. La vraie Joie est le cadeau divin dispensé par cette beauté infinie environnante. Ce que nous produisons est factice. (même la physique quantique admet que la conscience crée la réalité tout en nous éloignant de ce qui EST..)

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Je vais donc accepter le vide à nouveau. Retrouver ma fermeté. Recouvrer la liberté affective sans peur du vide. Mon fils aura pour vocation de partir bientôt. Rien ne sert d’imaginer le type de relation que nous aurons à ce moment là. Ce qui sera sera. Quant à ses mauvais choix, il assumera.

Je vais accepter le vide. Et Vivre au quotidien, sans fioritures ni scories vaines.

Et en arrêtant de ruminer, je me suis aperçue que mon petit chien avait les gencives saignantes. Je vais profiter de mon congé pour aller chez le véto cet après-midi.

S’atteler à la vie tout en acceptant le vide.