Publié dans Ressentis, Sens

Apprendre à vivre

10933819_426487304166750_7472760196611448161_n Parce que je fus une âme blessée, en bonne voie de guérison mais parfois fragile, j’apprends encore à vivre ma résilience, mon positionnement.

La force ne me quitte plus, mais les doutes m’assaillent parfois. La lassitude aussi.

Savoir qui on est. Au delà des regards critiques. Des moqueries. Car choisir le don au lieu de la réussite ne génère pas l’admiration, au contraire. Cela renvoie aux autres leurs propres peurs : celle  notamment d’échouer au regard de leurs propres plans d’ascension. Sauf que dans leurs têtes, trop de « faut pas » au lieu de  » Il y aura ». Je suis heureuse de constater que cela ne m’atteint plus. Hier encore, un jeune me disait « moi à ton âge, je ne serais pas là à donner des cours dans une cité ». Si cette action était si dégradante, pourquoi sollicite-t-il mon aide?

Je crois en la synchronicité. Un étudiant hier m’a apporté son sujet de philo : un texte d’Epitecte sur la notion de liberté. La liberté de s’affranchir des désirs et possessions donne sens, celle liée à la richesse et au pouvoir nous rend serviles.

Savoir ce que l’on vaut et ne pas le piétiner. C’est uniquement en cela que je suis actuellement en mauvaise posture. Mon intégrité professionnelle a été dénigrée trop de fois. Je peux accepter de donner mais pas de m’asservir sciemment.

Je vais devoir dépasser cette condition mortifère. Faire des choix.

En attendant, je vais réapprendre à donner place à la joie.

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Publié dans Amour, Lectures, Parentalité, Sens

Merveilleuse résilience

18010976_1782743108406171_2005108474689781687_n Dans son livre « Un merveilleux malheur » que je suis en train de lire, Boris Cyrulnik explique qu’un enfant ne perçoit pas du tout les mêmes choses qu’un adulte. Cela peut sembler évident et pourtant, en nous larmoyant sans cesse devant eux, nous avons tendance à l’oublier. Un problème financier grave, une perte d’emploi, un divorce… et notre monde s’écroule.

Celui de l’enfant ne dépend pas de ces éléments car il ne peut se projeter sur leurs conséquences. Il ne comprend pas que sa mère puisse pleurer à longueur de journée alors que tout autour de lui évolue « normalement ». Ses angoisses vont alors décupler car vont naître en lui des sentiments d’insécurité et de vide. Il n’y a rien de pire dans la construction d’un petit être.

Un enfant peut vivre paisiblement des épreuves d’adultes s’il s’y sent aimé, protégé et en sécurité. Dans les bras de sa mère, le cocon est comme un havre de paix équilibrante. Face aux pires adversités, ceux qui s’en sortiront indemnes sont ceux dont l’entourage aura oeuvré positivement, de manière aimante et avec détermination. Si la situation ne le permet pas, continuer à faire « rêver » l’enfant sur une vie d’amour est le palliatif idéal. Le film « la vie est belle » de Roberto Benigni le décrit avec talent et génie.

Dans son livre, Boris Cyrulnik prend l’exemple d’un petit garçon de 5 ans juif qui avait été caché par des proches durant la 2nde guerre mondiale. A 5 ans, il s’est retrouvé à vivre seul dans une petite cachette où on venait juste le nourrir deux fois par jour. Même si l’intention de ces personnes était de le sauver, le petit développa une angoisse existentielle si infernale qu’il fugua au bout de 6 mois et fut attrapé par la police. Et bien, des années plus tard, il décrivit avoir de plus beaux souvenirs dans le camp concentrationnaire de Drancy où il partageait des jeux avec d’autres enfants que dans cette cachette qui devait le sauver.

Au contraire de cet exemple, les bébés qui vivent blottis contre leur mère dans des moments difficiles continueront à évoluer correctement si leur mère sait être apaisée dans ces moments charnels malgré l’adversité.

Un enfant n’a que faire de savoir si sa mère a de l’argent sur son compte, si elle va retrouver « un mari », ce sont des notions trop conceptuelles pour lui. Il veut juste savoir si sa mère l’aime et est là pour lui.

Je fus une enfant « insécure ». Je suis née alors que le mariage de mes parents prenait déjà bien l’eau. J’étais l’enfant de trop qui fit sombrer ma mère dans la dépression car pour elle, trouver un autre mari flanquée d’une enfant (ma soeur aînée), c’était envisageable, mais de deux ?

Ma mère n’a jamais cessé d’être « en détresse » « apeurée ». J’ai vécu une enfance tétanisée par ses angoisses et n’avais de cesse que de m’éloigner de ce climat pesant. J’ai d’ailleurs fait ma 1ère fugue à 5 ans, j’étais partie de nuit, sans doute lasse d’entendre ma mère pleurer en écoutant les chansons de Charles Dumont. C’est un chauffeur de taxi qui m’a trouvée errante en pyjamas, et je réussis à lui expliquer où habitait ma mamie. Les parents de ma mère lui en voulaient, de ses faiblesses et larmoiements, mais cela ne faisait que décupler sa détresse.

Quand elle rencontra mon beau-père (j’avais 8 ans), au lieu de s’apaiser, elle continua à ressentir l’angoisse qu’il s’en aille et me demandait de « ne pas bouger » et de « me taire » sans cesse (parfois de manière très violente psychologiquement et même menaçante).

Je n’ai pas eu une mère maltraitante physiquement, ni abandonnique en termes de soins alimentaires et vestimentaires.

Mais j’ai passé mon enfance à ressentir ses angoisses et à essayer de combler un vide béant au fond de mes entrailles.

Je fus une adolescente révoltée. Je n’avais de cesse que de partir loin, loin, loin…Mais là encore, j’étais freinée par la culpabilité « d’être une mauvaise fille ingrate ».

Aujourd’hui, grâce à des gens comme Cyrulnik, je sais que ma détresse relevait du vide affectif seulement nourri par des angoisses maternelles.

J’en ai fait du chemin depuis. Je reconnais aujourd’hui que ma mère était simplement ignorante, autocentrée. Elle est toujours prisonnière de cela. Alors que je me suis libérée de ces fardeaux. Mon chemin introspectif m’y a aidée. Le point d’orgue de ma libération fut de lui pardonner. Sincèrement. Je ressens aujourd’hui de la compassion pour ses prisons et ses erreurs qu’elle perpétue inlassablement. Néanmoins, une certaine distance entre nous est indispensable par souci de « ré-oxygénation ». Mais je fais ma part. Je vais le week end prochain de mon propre chef à Paris pour fêter son anniversaire. Sans attentes d’effusions, de tendresse. De çà, j’en ai fait mon deuil.

Mon fils a eu une enfance difficile : sa maladie de la Tourette l’a empêché d’évoluer correctement parmi ses pairs et je peux vous dire que l’humain est capable de cruautés incommensurables ! (j’ai entendu des mamans dire à leurs enfants « de ne pas fréquenter ce garçon » juste parce qu’il était différent). Cette maladie, plus les déviances paternelles ont eu raison de lui malgré mon amour : il sombra dans une profonde dépression à l’adolescence. Ce fut comme un déclic pour moi. Alors que je me plaignais sans cesse d’avoir vécu une enfance dans l’insécurité affective, la Vie me mettait au Défi de braver ce que je pensais facile : sécuriser par amour. D’emblée, dans mon for intérieur, je refusais que mon fils sombre et soit stigmatisé, avalé, broyé. Après un temps de fureur et de douleurs intenses, je repris les rênes : je m’arrêtais de travailler et vécus chaque jour avec mon fils comme dans « la Vie est belle ». On en profita pour changer de paradigme sur bien des points d’ailleurs. Cette épreuve me libéra de mes erreurs et déviances par la même occasion. Dès que la souffrance envahissait mon fils, nous partions marcher, même vers deux heures du matin, et je lui contais la beauté de la vie. Je me rappelle d’un soir où nous étions derrière l’esplanade d’un concert en plein air, où Mado la Niçoise faisait son show. Nous étions pliés de rire car je l’imitais. Peu à peu mon fils a guéri, ses tics ont disparu. En arrivant au lycée, peu de jeunes connaissaient son passé, et il a enfin pu avoir une vie normale avec ses pairs.

Hier encore, alors que j’expliquais à mon frère le projet de mon fils de partir à Lyon à la rentrée prochaine, il me disait que je devais être triste qu’il s’en aille.

Et bien Non. J’ai été « sécure » pour sauver mon fils. Maintenant, mon amour doit comprendre qu’il a besoin de « devenir » sans culpabilités. Le « Va, vis et deviens » indispensable à l’équilibre de chaque être humain.

Ces épreuves m’ont permis la résilience. Sans elles, je serai sans aucun doute encore tributaire de mes errances affectives. Cela m’a aussi permis de concevoir la chance d’échapper au pire, au naufrage. Depuis, je considère chaque jour comme un cadeau.

Est-ce que j’aurais connu le bonheur sans ce « merveilleux » malheur ? Peut être pas. J’avais un défi à relever. Je l’ai réussi certes, mais depuis, chaque jour, je bénis la Vie et la remercie de m’avoir guidée vers la force, le dépassement de soi…par Amour altruiste. Seul un amour maternel pouvait laisser entrevoir cela.

En quelque sorte, je plains ma pauvre mère d’être passée à côté de cette force à acquérir à travers l’amour pour ses enfants. Je lui souhaite l’éveil et serais là le cas échéant. En attendant, je continue d’incarner cet amour. A sa place.

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Gagner en humilité

22519589_2044467575567055_1048731973116722829_n J’ai effacé mon dernier article.

L’ostentatoire ne me convient plus. Le « t’as vu ce que j’ai et vais faire ? » me hérisse le poil désormais dès que je m’y adonne. J’en use encore de temps à autre, les vieilles habitudes sont tenaces ici et là. Mais foncièrement, fondamentalement, cela ne me ressemble plus : capitaliser, posséder, obtenir ne sont plus mes lignes de conduite.

Ce voyage, je le fais pour les jeunes. Je ne me le serais pas permise, pas de cette manière « consommatrice » comme le font beaucoup de touristes.

Si cela ne tenait qu’à moi, je me contenterais de voyager au creux de l’amour, là, autour de moi, sans projection aucune.

Ce qui m’importe est l’équilibre, la paix, la tendresse.

Etre le changement que je veux voir en ce monde. Invariablement.

Je me sens humaine communautairement mais pas sociétalement parlant. Ce que chaque recoin civilisé a érigé avec ses règles, ses lois, ses coutumes a toujours été au détriment d’autrui, de la femme, de l’indigent, du différent, de l’étranger.

Je n’ai foi qu’en la force de l’amour ici et maintenant, du sourire et de la tendresse que je peux dispenser.

Pour tout le reste, tous ces drames, l’avenir incertain, j’en suis parfaitement consciente. Eclairée, avide d’apprendre. Pour partager les peines et faire don de mon amour.

Pendant deux jours, j’ai été bercée par l’histoire d’Asia Bibi à travers son livre.

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Ce matin, alors que je me traînais, fatiguée, j’ai pensé à ce qu’elle endurait du fin fond de sa geôle pakistanaise.

Ce soir, j’ai lu la dernière page. Elle y disait : « Relayez mon histoire. Parlez de moi. Sauvez moi » ! C’était en 2011. Elle y est toujours.

Que puis-je faire ? Lui donner mon Amour. Sincèrement.

Je ne trouve de sens que dans l’équilibre de mon être et dans le don d’amour.

Alors, oui, j’irais à Londres. Ce qui m’importe est ce que cela pourra nous apporter humainement.

L’amour ici auprès de mon petit chien m’aurait suffi. Mais je m’efforce à aller donner chaque jour.

Ici ou ailleurs.

Asia Bibi, je pense à toi.

A travers toi, à tous ceux qui souffrent atrocement.

Je rends grâce à ma Vie.

 

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Si l’on veut s’aimer

18319276_10155407258428489_6296481218886821693_o A Léonie qui dit ne pas s’aimer et ne pas réussir à le changer ( voir son article ICI), voici ce que je lui ai répondu :

ll est évident que ton passé a laissé des traces psychologiques. Les maux de l’âme sont comme les maux physiques, ils ont besoin d’être pansés, soignés et guéris dans le temps, avec patience et foi. Bien sûr, la médication n’est pas une fin en soi, tout au contraire. Simplement, si on a été usé par les souffrances, il faut revenir à l’Essentiel : Notre Essence, de quoi sommes nous faits avant toutes ces perturbations ? Une seule réponse prévaut : D’Amour. De quoi avions-nous besoin avant d’être maltraité ? D’amour, de confiance, de respect, d’estime. Alors, il faut les reconquérir, en s’aimant, se respectant et s’estimant. Le chemin de l’éthique marche bien dans cette évolution : si l’on veut s’aimer et se respecter, commençons à le pratiquer sur autrui, tout vivant, même nos « ennemis » (qui ne sont en fait que nos « frères de souffrance »). En s’évertuant à vouloir le bien autour de soi, on le pratique naturellement sur soi aussi. Je crois aussi beaucoup au concept de la résilience mise en exergue par Boris Cyrulnik. Je suis en train de lire « Plus fort que la haine » de Tim Guenard. Il a eu une enfance massacrée : sa mère l’a abandonné à 3 ans attaché à un poteau comme un chien, à 5 ans, son père le bat si violemment qu’il l’envoie à l’hôpital pour 2 ans. A sa sortie, la visite du docteur conclut à son internement chez les fous.. Aujourd’hui, il est marié, heureux, apiculteur, et donne des conférences sur sa résilience. Qu’est-ce qui a changé dans son parcours de miséreux ? Il a rencontré l’Amour. Pas comme on l’entend, mais à travers les personnes qu’il a rencontrées par la suite, il a été capable de s’abandonner à ce sentiment…pour lui. Il a ouvert son coeur à l’Amour dans son absolu. Et puis, il a pardonné. Pour cela, sur ce chemin de résilience, il a écrit à son père régulièrement. Il a répété souvent qu’il pardonnait, jusqu’à ce que ce soit réel.

J’ai aussi guéri le jour où j’ai réellement pardonné. Les silences et les abandons qui furent mon lot quotidien d’enfance, la place de trop dans la reconstruction de vie d’adultes, je l’ai cherché dans la vacuité d’un monde qui ne me proposait que compensations matérielles froides et insipides. Tant que je me fermais à l’amour en écoutant ceux qui m’entouraient (« ne prends pas d’animaux, çà perd des poils », « viens faire du shopping, qu’est-ce que t’as à rester seule à marcher? » etc..), tant que je m’accrochais au paradigme de ce monde insensé, je suffoquais. Ma paix, je l’ai acquise en acceptant que mon essence n’était qu’Amour. Depuis, je n’ai plus honte de le dispenser au travail notamment (je m’occupe de jeunes de quartier), je n’ai plus honte d’aimer le silence, la marche, la tendresse, la solitude tout comme les partages. Je n’ai plus honte de vivre humblement sans courir après tous ces lots de consommation sans consistance. Je Suis.

Je pense que tu es jeune et tu débutes ce chemin. Le principal est d’y être.

Commence à te focaliser sur l’éthique (respecter les animaux, réfléchir à ce qui nous entoure et qui est destructeur pour la vie), cela te donnera un sens aigu de l’Amour. Et puis, ton système endocrinien s’en verra soulagé. Car beaucoup de nos maux psychiques viennent de nos empoisonnements divers internes. Depuis que je mange bio et suis des cures de détox (tisanes), j’ai retrouvé l’équilibre plus facilement : l’alcool, la clope et j’en passe seront autant de freins à ton épanouissement personnel. S’aimer, c’est se connaître véritablement : reconnaître ce pourquoi nous sommes faits et le partager, apporter notre grain de sable, être heureuse d’avoir dispensé de l’amour redore l’estime de soi à vitesse grand V. Prendre soin de son corps (avec des méthodes naturelles). Et puis, rire, danser, apprendre … S’aimer n’est pas un instant à acquérir, s’aimer, c’est un Etat. Et tout ce que l’on fait, une caresse, un sourire, une écoute, un regard, y contribuent grandement 🙂

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De la tristesse renaît toujours la joie

11053328_1066216953392127_7152561724955583745_n Le père de mon fils souffre d’un alcoolisme très profond. Si abyssal et prégnant qu’il défie les lois de la vie depuis des années déjà. Mais pas impunément non plus. Le fil ténu tend à se rompre dangereusement, élimé, usé jusqu’à la moelle.

Ce qui me semblait une mauvaise habitude festive à 26 ans (je n’ai pas encore résolu si en voulant l’aider les premières années, je me leurrais naïvement ou si je me ruinais le potentiel vital d’un avenir aux mille possibilités sciemment) est vite devenu un problème, puis une insupportable abomination jusqu’à l’enfer destructeur.

J’ai sincèrement voulu l’aider. Nous étions partis vivre sur l’île de la Réunion, je pensais que ses amis d’enfance l’influençaient négativement. Je me trompais. Il n’avait besoin de personne pour boire comme un trou.

Je l’ai quitté fin 1999, après 4 ans de vie commune et un bébé de 20 mois. Pourquoi avoir eu un enfant dans de telles conditions ? L’insondable recherche d’amour dans le chaos le plus total sans doute, mon vide affectif étant alors incommensurable. Ce n’est pas une raison, je le sais. C’est pourquoi j’ai assumé ma maternité, mon rôle de mère et n’ai pas eu d’autres enfants. C’est pourquoi j’ai ma part de responsabilité sur ce chemin, ce qui n’a pas été exempt de culpabilités récurrentes, m’empêchant d’agir correctement.

Par amour pour mon fils, j’ai composé avec son père et son alter ego (même s’il s’était remis en couple et a eu un autre enfant) : l’alcool.

Je ne reviendrais pas sur ces décennies de douleurs, combats, colères, peines. Même si je ne vivais pas avec cet homme, son alcoolisme nous a fait subir d’horribles situations.

Mon fils décida de couper toute relation paternelle en 2013. Je vous l’avoue, ce fut un soulagement, une libération et une renaissance.

Parfois, je lis des histoires de solitude liées aux addictions et autres déviances. Les gens s’attristent souvent sur les fins de vie solitaire de ces gens (dans la rue, il y a beaucoup d’alcooliques et de personnes souffrant de maladies neurologiques, des personnes souvent institutionnalisées avant d’échapper à tout contrôle, toute aide). Je sais que c’est plus complexe que cela. Les proches tentent d’aider très souvent. Mais les alcooliques ont un ego surdimensionné (lié à la pathologie), et se fichent éperdument des dommages collatéraux. L’objectif principal ces 20 dernières années pour mon ex fut de trouver au quotidien de quoi payer sa bouteille de 51, son pack de bières, et ses 2 paquets de clopes. Quand ses copains de bar lui ont fait réaliser en 2009 que le dossier MDPH de mon fils (monté un temps pour l’aider à l’école avec son syndrome de la Tourette) avec la naissance de son 2ème enfant allait déclencher un « pactole » à la CAF, la descente aux enfers fut abyssale pour moi (4 ans de combats juridiques horribles).

Cet enfer est derrière nous désormais. Je ne lui en veux de rien.

Nous nous en sommes sortis, c’est l’essentiel. Mon fils et moi préférons ne plus en parler. Les événements y sont trop douloureux.

De temps à autre, alors que mon ex est complètement imbibé d’alcool, il m’appelle. Je ne réponds plus, ce serait vain. Car il est incapable d’écouter, de se souvenir. A quoi bon… Je le laisse déblatérer.

Il m’a appelée plusieurs fois cette semaine. Il vit une énième séparation avec sa compagne, et bien sûr, je suis « responsable de tous ses maux », 18 ans après.

Je n’ai pas pu m’empêcher d’en être attristée. J’aurais tellement préféré un père fort et digne pour mon fils. Au lieu de çà, ce dernier ne peut plus travailler, se retrouve sans foyer, il est au bord de la déchéance. Il ne demande jamais après notre fils non plus.

Quelle tristesse, quel gâchis…

Jeudi dernier, je suis arrivée à midi chez moi le coeur brisé après avoir reçu un appel déchirant auquel je ne pouvais qu’être témoin, impuissante.

Quelle ne fut pas ma joie d’y trouver mon fils, fait rarissime. Il avait fini plus tôt (c’était un jour d’examen) et avait voulu rentrer manger avec moi 🙂

J’ai cuisiné une bonne tourte aux blettes et nous avons passé un moment de grâce. Il parlait beaucoup et je l’écoutais avec ravissement (je ne lui avais pas dit que son père m’avait laissé des messages) : sa formation, son futur métier, ses projets sur Lyon, son militantisme, ses émissions de radio, ses lectures, ses podcasts entendus sur France Culture.. A presque 20 ans, il était là devant moi, beau, radieux, intelligent, plein de vie, sans plus aucun symptôme de maladie ni de détresse. HEUREUX et accompli.

Alors, je me suis dit qu’au final, tout çà n’avait pas été vain puisqu’en est ressorti un jeune homme merveilleux.

J’ai souri. Remercié la Vie.

De la tristesse renaît toujours la Joie.

Publié dans Politique, Sens, Société

Fière de mes choix

DSC_0080 En fin d’après-midi, alors que je pianotais un peu sur le net, je me suis mise à chercher les appels à projets qui pourraient intéresser notre association. Dans mon for intérieur, j’ai souri en pensant à ce que m’avait dit mon directeur pour me retenir il y a un mois.  Il semblerait qu’effectivement, j’ai bien l’esprit associatif puisque je rebondis, analyse même un dimanche 🙂 Un projet de la Fondation de France a retenu mon attention : « Apprendre pour grandir« . Je compte bien le soumettre au boss demain 🙂

De fil en aiguille, je me suis mise à regarder ce qui se faisait dans les institutions, pouvoirs publics. J’ai regardé les offres contractuelles sur Emploi public. J’aurais pu répondre à certaines grâce à mon diplôme de niveau II dans le médico-social. Mais voilà, je n’étais pas emballée car consciente que derrière tous ces mots pompeux et grandiloquents, se cache forcément un poste ennuyeux au possible, rigidifié par des strates hiérarchisées à outrance.

J’ai pris alors le bouquin de Fabrice Nicolino « Qui a tué l’écologie ? ». La valse des dirigeants sur des postes de conseiller, responsable, directeur me donne le tournis. Mais comment peuvent-ils oeuvrer sur des « hautes missions » en si peu de temps, qu’ils cumulent en plus avec d’autres responsabilités ? Et la question qui me taraude le plus : « Comment font-ils? »  Et puis je me souviens de la vacuité de nos récents députés interviewés, de leurs absences abyssales à l’Assemblée Nationale. L’honneur de la fonction se résume-elle à la capacité de signer un papier à grands renforts de rosaces typiquement « moi, je suis un adulte responsable et toi tu es une sous-merde puisque tu n’es pas directrice » ? J’en suis de plus en plus persuadée au regard de mes expériences personnelles et analyses diverses. Par exemple, lorsque je travaillais dans un centre de formation, le directeur avait comme unique passe-temps les matchs du RCT, en tribune présidentielle s’il vous plaît. Pour le reste, excusez-moi, mais je n’aurais jamais pu passer une soirée de discussion avec lui ! On peut accorder à ces gens qu’ils savent signer, mettre le costard et aller manger des petits fours. Ils s’auto-congratulent, s’applaudissent à tout rompre. A chaque séance plénière,  c’est comme si « Appollo 13 répond enfin à Houston« .

Je ne supporterais pas d’évoluer au quotidien dans ce monde faux et surfait, manquant cruellement d’intelligence humaine et de réflexions indépendantes.

Je suis en paix chez moi..

Le vent souffle dehors, Marley est toujours allongé sur ma jambe. Je ne manque de rien, suis merveilleusement bien.

Demain, je prendrais le bus. J’y rencontrerais des chauffeurs dont la plupart sont devenus des amis, je m’occupe même de leurs enfants 🙂 Je lirais et arriverais tranquillement en bas de la tour d’une cité qui n’a plus aucun secret pour moi. On y refera le monde. Puis, je me rendrais à nouveau dans les familles. On m’offrira le thé, les enfants seront heureux d’exister à travers mon regard.

Je suis persuadée que la valeur humaine se trouve dans l’ordinaire, derrière les rideaux. Des milliers de gens dotés de qualités époustouflantes, humaines, techniques. Des valeureux, des courageux.

Je sais, je le répète souvent. Mais je suis fière de mes choix.

Publié dans Le bonheur, Partages, Sens

J’aime mon métier

J’aime infiniment mon métier, enfin, mon activité professionnelle car j’y effectue tant de choses..

Quand je dis travailler dans cette association de cité, on me répond : « Ah, t’es animatrice ».. Si vous voulez…

Les gens ont toujours tendance à vous réduire à une fonction basique.

Si j’expliquais réellement ce que j’y fais, cela prendrait trois plombes déjà..

Par contre, quand on me dit « ah tu fais du babysitting », là j’avoue, je m’indigne quand même.

Ce métier est une vocation, s’occuper des enfants, c’est vouloir ériger un monde meilleur. Car de l’équilibre des petits dépend l’harmonie de demain. Ce métier demande un Savoir Faire et Etre particulier.

Au sein de cette association, ma fonction est « multipass ». Je suis référente du Programme de réussite éducative, c’est à dire que je m’occupe d’enfants en grandes difficultés en allant dans les familles les épauler et soutenir. J’ai instauré un programme de renforcement scolaire pour les lycéens et les aide à passer leur bac. Je m’occupe de jeunes services civiques dans leur programme de réinsertion. Je reçois les familles pour l’aide au CV, lettres de motivation. Je suis chargée de communication, je m’occupe du site, fais donc les photos et articles. Je m’implique de fait dans le centre de loisirs pendant leurs journées folles 🙂 Je m’occupe des séjours linguistiques et culturels, on projette de partir à Londres à Noel. Je réponds à des appels à projets, dresse les bilans.

Je touche un salaire dérisoire mais cela n’a aucune importance. Je me sens tellement riche de tout que ma vie me semble aisée, abondante.

J’aime mon métier et m’y sens à l’aise. Chaque enfant est particulier à mes yeux, j’y prête attention, le câline, l’écoute, lui souris, le gratifie. Nombre d’entre eux ressortent de nos échanges plus lumineux, confiants, rassurés, apaisés, joyeux.

Chaque jour est une fête aux mille partages.

Quand je rentre chez moi, mes animaux se blottissent contre moi. Je suis infiniment heureuse, j’ai trouvé mon équilibre entre partages, don de soi et apaisement personnel.