Publié dans Amour, Lectures, Musique, Sens

Il est grand temps de décrocher la lune

24909960_1583900031700680_4314629346262827821_n La lune était divinement belle ce soir, d’une beauté inégalable, à couper le souffle. Alors que tout n’était que nuisances sonores et visuelles (le bus, ses bruits, ses lumières factices), je n’avais de yeux que pour elle. Lorsque des bâtiments au détour d’une rue me ravissaient à sa beauté, je la cherchais désespérément .. Mon Dieu comme elle était belle.. J’irais lui dire Bonsoir tout à l’heure avant de me coucher, l’avantage des promenades pipis du chien (j’ai un peu cassé le romantisme là ! 🙂

Il y a peu de temps, une amie me disait que j’avais idéalisé mon fils.

Elle n’avait qu’à moitié raison. Je n’ai pas qu’idéalisé mon fils, j’ai TOUT idéalisé dans ma vie, depuis l’adolescence.

Dans Le murmure des fantômes de Boris Cyrulnik que je suis en train de lire, il y est expliqué que la majorité des carencés affectifs idéalise souvent l’amour. Le célèbre psychiatre prend pour exemple Marilyn Monroe dès la première page du livre. Cette dernière, parce que sa mère n’avait pas eu la force de lui offrir des bras sécurisants tant sa mélancolie remplissait son monde, avait dû se mettre à fantasmer , à se nourrir de la douleur même, avant de sombrer dans la mélancolie elle aussi. Elle avait déclaré que Clark Gable était son père, elle se constituait ainsi une vague identité puisque sans rêves fous, elle aurait eu à vivre dans un monde de boue. Quand le réel est mort, le délire procure un sursaut de bonheur. Alors, elle a cuisiné pour un footballeur, s’est convertie pour un écrivain et s’est anéantie dans le silence pour un Président. Marilyn Monroe n’a pas eu une enfance plus terrible que d’autres. Mais elle n’a rien eu pour se raccrocher enfant, le lien et le sens qui permettent la résilience, elle ne les a pas rencontrés. Elle est restée seule dans la boue, où de temps en temps, nous lui jetions un diamant…Jusqu’au jour où elle s’est laissée partir..

Il n’y a pas de degré comparatif à la carence affective. Chacun le gère à sa manière.

Le chemin de résilience est récent pour moi. Ce fut aussi le marasme boueux des années et des années durant.

J’ai idéalisé l’amour d’aussi loin que je m’en souvienne. Durant mon adolescence, seuls les amours platoniques trouvaient grâce à mes yeux. Non par timidité, mais parce que je pouvais les imaginer à loisir, les magnifier et les façonner à ma manière. Ces amours m’ont transportée et transcendée puisque je les ai suivis jusqu’au bout du monde. J’ai côtoyé des Johnny Depp et Mark Slaughter ( « Up all night, sleep all day« )  par la force de mes idéalisations. Bien sûr, tout restait platonique. Je tatouais mon corps, le leur montrais fièrement et c’était largement suffisant. Il n’était pas question d’envisager la déception en brisant l’armure du rêve. Bien sûr, je goûtais les plaisirs charnels avec d’autres, mais dans la platitude et une certaine forme de morosité. çà m’ennuyait.

Revenue en France, j’optais pour endosser ma cape de Super Heroine par contraste aux peurs ancestrales de ma mère qui me gênaient à nouveau car je m’étais rapprochée géographiquement. J’ai choisi alors un alcoolique comme géniteur de mon enfant, je voulais réussir là où ma mère avait capitulé auprès de mon père : que mon amour sauve cet homme. Sauf que je me suis mise à le détester rapidement. La Super Héroine s’est barrée vite fait.

Puis, je suis tombée amoureuse de l’homme qui, à mes yeux, avait « sauvé mon fils ». J’en ai fait un Dieu et voulais m’abandonner à son corps telle une Thérèse d’Avila à son marquis de Sade (oui, je sais, c’était perdu d’avance). Je voulais qu’il représente MON Dieu constamment et ai frôlé la folie.

Pour mon fils, à bien y réfléchir, sa « maladie » m’a permis de ré-endosser ma cape de Super Héroine. De tous les combats, de toutes mes forces, de tous les sacrifices, le poing levé, la victoire à chaque épreuve. Sauf que mon fils n’était plus malade ces dernières années, et en a eu marre d’être « sauvé » alors qu’il ne voulait que VIVRE sa vie, avec ses ratés et ses choix surtout.

Je sais que mon travail introspectif m’aide à éviter la boue ces dernières années. En attendant,  mon coeur saigne abondamment (mais en silence et humblement cette fois) et je me retrouve complètement paumée dans cet océan de possibles.

Au niveau professionnel, j’ai acquis des compétences et des diplômes qui me permettent d’envisager des responsabilités. Mais là aussi, mon côté Mère Térésa m’a pénalisée : je n’ai  fait qu’adopter l’attitude « bonne comme le pain » rendant mon parcours  » trop bonne trop conne ». J’ai écrit et parlé pour mes directeurs maintes fois : appel à projets, comité de pilotage, bilans, évaluations, démarche qualité, sans que personne ne l’ait jamais mis en avant comme mon travail, j’étais acculée à ramasser des miettes. Je suis la Cendrillon de l’Emploi qui suis restée avec le petit Gus de la citrouille par loyauté au lieu de tournoyer dans la salle du bal.

Je me mens constamment en brandissant le drapeau blanc de Soeur Emmanuelle : « ma vie a un sens, j’aide ». Voilà mon leitmotiv. Certes. Mais la fuite de mon fils est venu tout changer. Et si au final, je n’aidais pas tant que çà ? Et si je ne devais pas m’aider D’ABORD pour créer ces liens et sens en adéquation avec mes capacités, qualités et compétences ? Je peux très bien défendre un projet en tant que cadre qui servira sur le terrain, non ?

Depuis le départ de mon fils, je vais au travail en « mode zombie ». çà me plombe terriblement.

çà ne va pas pouvoir durer longtemps.

Alors, voilà. J’ai décidé de me battre pour des reconnaissances, des possibles. Pour exister à ma juste valeur.

Cet après midi, un membre de l’équipe (hiérarchiquement mon supérieur) a balancé un appel à projet comme un sac de merde sur le bureau où j’officie quand on ne le squatte pas. Balancé sans un mot. « Voilà, écris maintenant« . Il ne l’a pas dit mais son silence rajoutait à son irrespect. J’ai rattrapé le gars au vol « Tu peux reprendre le dossier. Je l’ai reçu par mail. J’aviserai après concertation et comité de pilotage engagé, merci. » Il est parti penaud.

Un centre d’addictologie de ma ville cherche un cadre de direction. Je vais postuler. Les chances sont minimes, voire inexistantes.

Mais désormais, je veux faire de mes rêves des réalités.

Même si tout peut être impossible. Qui tente rien n’a rien.

A défaut d’avoir rallumé des étoiles, il est grand temps pour moi de décrocher la lune.

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Publié dans Amour, Lectures, Parentalité, Sens

Je suis revenue dans le monde. Non pas pour le changer mais pour l’aimer.

 Photo contractuelle de mon fils (à gauche) prise cet été alors qu’il goûtait déjà les prémices de ce qu’il avait envie de devenir.

 » J’avais soif et faim d’absolu. J’ai quitté mon père et ma mère et les miens. J’avais soif et faim d’absolu. Puis, j’ai compris que je ne serai apaisé que si j’apprenais aussi à aimer la saleté, la poussière et les passions. Il est facile de se révolter contre la réalité. Il est plus difficile de la vivre. Aussi, je suis revenu dans le monde ».

Nous sentons bien au fond de nous-mêmes que nous ne pourrons pas bâtir un monde qui serait bon et généreux face à l’autre, le démoniaque. Aucune stratégie ne nous sauvera.

Nous sentons bien qu’il faut plonger dans le marasme, dans la souffrance, dans le chaos, dans l’injustice, dans le manque- et que c’est ce salto mortale-ce suicide- qu’on appelle l’amour.

« Je suis revenu dans le monde ».

Nous sentons bien qu’aussi longtemps que nous voulons de toutes nos forces changer ce monde, il nous résiste férocement, il se refuse.

« J’ai tout fait pour… J’ai mis tout mon engagement à… Pendant des années et des années… »

Aucune entité vivante – et le monde en est une – n’aime l’énergie tranchante et bien intentionnée du réformateur. N’en est-il pas de même pour ces fils, ces parents… que…nous voulons voir changer ?

Sans doute avons-nous parfois raison de souhaiter de toutes nos forces les voir quitter leurs habitudes destructrices. Mais il y a là un mécanisme secret. Le changement ne s’opère pas par la volonté, seulement quand le hiatus de l’acceptation permet une profonde respiration.. Je m’incline devant ce qui est- ce qui est advenu- ce qui est devant mes yeux, né d’une longue croissance apparemment défectueuse (apparemment ?) ou secrètement insignifiante.  Une fois que j’ai reculé d’un pas, renoncé à imposer ma volonté, un déclic secret a lieu : une porte s’ouvre. Toute entité vivante veut être honorée, invitée à retrouver sa fluidité, son aptitude au changement, et non pas forcée, fracassée comme un tiroir-caisse.

« Je suis revenu dans le monde ».

Non plus pour le changer mais pour l’aimer.

Page tirée du livre ci dessous

N-oublie-pas-les-chevaux-ecumants-du-pae

J’ai toujours cru en la synchronicité et ai appris au fil du temps à m’abandonner aux signes pour obtenir des réponses à mes désarrois. Ce qui vient alors est bien plus qu’une synchronicité mais un cadeau divin.

Cette page, je l’ai lue dans le bus m’amenant au travail cette semaine, alors que je m’abandonnais au vide et lâchais prise, dans la meurtrissure avant guérison.

Je l’ai lue et relue cette page. Elle était la réponse parfaite à mes questionnements.

J’ai remercié Christiane. Son regard doux mais franc me ramena à la raison définitivement.

J’ai eu envie de dire à mon fils que j’avais compris, que je lui demandais pardon, qu’il avait raison d’aller trouver sa  propre existence, même dans la fougue passionnelle de sa jeunesse, car il ne se trouverait qu’en se perdant Lui. Il y chercherait son chemin à l’aide de sa propre boussole. J’ai eu envie de lui dire que je comprenais qu’il étouffait sous ma protection et mon amour bienveillant même si je lui laissais sa liberté, car mon regard l’empêchait d’Etre totalement.

Mais je me suis dit qu’il n’accueillerait pas mon euphorie de la même manière. Actuellement, il n’a pas besoin de savoir que j’ai compris. Plus tard oui. Là, il a juste besoin de fluidité comme le dit Christiane Singer, et non pas de pavé maternel venant encore troubler son eau vive.

Alors je me suis contentée de lui envoyer un texto hier lui souhaitant un beau week end, il m’a répondu de même. L’important est le lien perpétré dans le recul, le respect.

Le soleil est revenu dans le sud. Les oiseaux chantent, ces merveilles entre toutes les merveilles. Mon chien est blotti contre moi. Ce moment dominical précieux avant la sortie-détente.

Je suis revenue dans le monde. Non pas pour le changer mais pour l’aimer.

Je veux aimer ce qui Est. Me sentir Honorée de pouvoir prendre soin et aimer juste ce qui EST : tout est précieux et ce n’est pas la projection qui fera de nous une meilleure personne, mais juste le soin que l’on apporte à se respecter et respecter ce qui nous entoure. Dans l’impermanence. Car ce qui nous entoure ne sera pas là pour l’éternité. Tout comme nous d’ailleurs.

Je me sens Honorée de prendre soin de mes animaux. De partager avec tous ces jeunes mes savoirs, mon sourire, ma bienveillance. Et même si la vie me portera peut être ailleurs, ce n’est pas grave. On peut à la fois se projeter dans les possibles tout en vivant pleinement son présent.

Je suis revenue dans le monde. Non pas pour le changer mais pour l’aimer.

Publié dans Education, Parentalité, Sens

Va, Vis et Deviens

10346275_1086122141401608_4509896619926967142_n Les plans sur la comète que nous nous faisons sont toujours approximatifs. Parfois, elle dérive à des années-lumière pour se perdre à tout jamais, parfois elle nous frôle avec justesse et précision, et parfois, elle se fracasse sans que nous nous y attendions.

Il faut croire que j’avais présumé toute seule du devenir de mon fils. Il en a décidé autrement. J’étais tellement persuadée d’avoir vu juste pour lui que le tsunami a été violent. Quelque part, il a eu raison de s’éloigner : ma colère et douleur, je les ai vécues seule ces trois derniers jours sans dégâts collatéraux, comme la grande que je suis.

Il a fait son choix d’aller vivre ailleurs pour devenir. Il se pose pour l’instant, avec ses amis, son amie. Il a ses idées.

Le principal est que la déraison ne nous éloigne pas de manière irréversible. Nous échangeons par SMS timides, respectueux et brefs. J’accuse le coup, ne dis rien.

Bien sûr, mon coeur de mère meurtri me ferait supputer sur les mois à venir, me ferait brosser un tableau pré-établi peu honorifique. Mais je me ravise et me tais. J’en ai toujours voulu à ma mère de supputer « que je finisse dans le ruisseau ». Je ne vais pas quand même pas perpétrer cela ! Je m’en voudrais terriblement !

Je crois que cette épreuve me renvoie à ce que j’ai fait subir à ma famille aussi, et ce n’est pas anodin. J’ai une leçon à y apprendre. Sans doute la plus importante de mon existence.

Je ne vais pas mentir : ces trois derniers jours furent déchirants, véritablement. Mais j’ai tenu bon et ai continué à vivre mon quotidien malgré tout.

Nous avons eu la force d’échanger aujourd’hui. Il a décidé de prendre sa vie en mains.

Je n’ai pas à deviner ce qui adviendra pour lui ni à avoir peur. Tout ce dont je suis responsable actuellement est de lui faire comprendre que je ne le rejette pas, que je compte sur lui pour m’aviser de ses choix à chaque moment-clé. Il m’a dit qu’il le ferait. Si tout se passe bien, j’en serai infiniment heureuse pour lui. S’il a besoin de moi, je serai là, même si désormais, cela n’imputera plus sur mes choix de vie (je n’ai plus à subir quoique ce soit).

Le temps est donc venu de lâcher prise et de le laisser devenir. Même si cela aurait pu être différent dans d’autres circonstances. C’est comme çà. Quelque part, il a eu le courage de décider quand.

Une nouvelle vie débute pour lui.

Et pour le coup, pour moi aussi alors.

Publié dans Parentalité, Tristesse

Le miracle n’a peut être pas eu lieu

14956553_173559223106160_5842995941445898338_n Et si je m’étais fourvoyée à nouveau ? Et si je n’avais pas voulu VOIR depuis son retour de chez son père, par habitude de ses différences, de son atypisme ? Et si j’avais trop l’habitude de colmater pour l’excuser ?

Je me « réveille » doucement depuis quelques mois : il est et restera complètement atypique. Un syndrome de la Tourette s’accompagne forcément d’un léger Asperger, je l’ai toujours su. Cette dualité qui a toujours été la sienne : asocial mais souffrant de la solitude. Colérique et silencieux à la fois.

Je n’ai pas voulu voir quand on me disait qu’il lui manquait cette empathie nécessaire pour aller véritablement vers l’autre.

Je n’ai pas voulu voir que ses idéaux n’étaient qu’une excuse pour rejeter et détester.

Je n’ai pas voulu voir qu’il ne pouvait rien tenir sur du moyen terme.

La rupture semble proche. Il n’est plus seul. Il a des amis comme lui. Ces perchés et doux illuminés qui finissent SDF s’ils n’ont pas trouvé d’environnement apaisant et naturel. Cette frange difficilement palpable car « pas assez mais trop ».

Je me suis réveillée à un énième abandon de formation de sa part. A mes bras ouverts restés ballants, à cette fleur de vie asséchée de n’avoir pas reçu d’amour.

J’ai fait un dernier effort et avais accepté une de ses copines depuis jeudi à la maison. Et là, j’ai compris : la fille n’appréhendait même pas « que j’étais là et étais l’hôte ». Je n’existais pas. J’ai voulu mettre fin à cette intrusion malsaine ce matin, clairement mais sans grossiéretés. La fille est partie. Le sac à dos de mon fils aussi.

Mon coeur s’est brisé en mille morceaux. Cette douleur mille fois ressentie, à chacun de ses abandons.

Mais je me suis ressaisie vite : STOP ! STOP ! Je veux vivre tout autant que lui !

Alors, demain et après-demain, je réapprendrais à vivre sans colmater. Je continuerais à espérer qu’il trouve son environnement adéquat qui apaise son atypisme. Mais malheureusement, je crains qu’il ne se heurte à l’individualisme et au profit.

Mais qu’importe. Chaque chose en son temps. Il assumera ses (mauvais) choix, je continuerai à vivre. Et si le temps à nouveau viendra où il aura besoin de moi ou tout simplement, voudra « me rejoindre » alors, j’aviserai.

Pour l’instant, je veux vivre avant de ne plus y survivre !!!

Dans ces moments là, la solitude d’âme me pèse énormément…

Publié dans Amour, Lectures, Méditation, Ressentis

Blue January

24993443_1760324980646353_5819315582535260979_n  Samedi : Depuis mon retour de Londres, le spleen m’envahissait. Le mauvais temps n’aide pas, c’est certain. Je n’arrive pas à décrocher mon attention d’événements que je considère négatifs et qu’ils ne le sont sans doute pas d’ailleurs. Ils doivent être au contraire révélateurs de lâcher prise et d’attention à acquérir vers la vacuité et tous ses possibles.

Incertitude de la pérennité de mon travail, impatience de mon fils qui aimerait tout plaquer pour voguer tel un vagabond…. La morosité et la lassitude m’assaillent et m’enveloppent. Paradoxalement, les visages éteints des humains autour de moi m’agacent au plus haut point. Je me surprends à être en colère contre tous ceux qui « ne savent pas juste être heureux ». Je sais, je suis un peu culottée et n’ai pas peur du ridicule. Mais bon, c’est entre moi et moi, alors, tout est permis 🙂

Les sentiments négatifs tels la colère, le ressentiment agissent comme un effet de pesanteur insupportable. Heureusement, désormais, je cerne assez vite ma part de responsabilité dans ces plongeons encore réguliers. Et c’est à travers la volonté de lâcher prise que j’accueille ce qui Est. Dans la pleine conscience, l’Amour rejaillit. Ma vie prend tout son sens dans le soin d’amour apporté à mes animaux d’abord. Fière de ne pas les négliger et d’être là pour eux. Car une Vie, c’est pas rien, une vie.

J’ai aidé et partagé aujourd’hui. J’ai vécu des moments de félicité comme celui de me réveiller d’une sieste bien méritée après une semaine chargée, dans la langueur apaisante et souriante de la quiétude de ma chambre. Je me sens privilégiée de pouvoir Vivre sans encombres, satisfaite et en bonne santé.

En bonne santé… Jeudi dernier à la médiathèque, le livre de Christiane Singer « Derniers fragments d’un long voyage » est venu se blottir dans mes bras. Lire les mots enthousiastes de cette femme alors qu’elle se savait mourante et qu’elle en souffrait atrocement est une leçon de vie magistrale. Jamais encore je n’avais lu un témoignage aussi poignant d’une vie qui s’en va..vers du « neuf » comme elle disait.

Ses derniers mots  édités furent « Du fond du coeur, merci ».

Je pensais au départ de mon père sur son lit d’hôpital et de mes silences qui l’entouraient. Mes 17 ans n’étaient pas une excuse. J’aurais pu faire l’effort de l’écouter, lui poser des questions, entendre cette souffrance que je ne percevais pas (comme s’il s’en était allé sans avoir été rongé par la maladie, alors que ce ne fut pas le cas..). Je manquais cruellement d’avancée vers l’autre. Et dire que je le reproche à mon fils aujourd’hui… Cet après-midi, avant ma sieste réparatrice, j’ai demandé Pardon à mon père. De ce rendez-vous manqué. Cela m’a fait un bien immense. Demander Pardon est une vraie libération !

Dimanche : Grasse matinée jusqu’à 10h. Lâcher prise sur ce « que j’ai à faire ». Je considère trop le week end comme une période qui doit rattraper mes indisponibilités de la semaine. Je dois apprendre à ré-organiser ma vie pour me sentir encore plus libre et légère. Par exemple, pour le ménage, penser à faire un petit peu chaque jour pour alléger mon dimanche.

J’avais décrété que mon week end serait pourri car depuis jeudi soir, une (énième) copine de mon fils est à la maison. Nous étions parties sur de très mauvaises bases car vendredi midi, à mon retour du travail, j’avais trouvé la porte d’entrée grande ouverte alors que j’ai deux chats susceptibles de fuir. Impossible de trouver ma Gaia qui s’était planquée. J’étais furieuse ! Le vendredi soir, la copine a investi ma cuisine comme si je n’existais pas, tant et si bien que je suis sortie jusqu’à minuit ! Et puis hier, j’ai décidé de lâcher prise. Elle a son caractère, sa façon d’être. Elle est de passage ici. Mon fils seul décidera du futur de cette relation. Je peux recevoir quelques jours quelqu’un à la maison sans en faire une jaunisse 🙂 Je ne la connais pas, ses souffrances, sa solitude sont sans doute prégnantes et déterminent sa manière d’Etre.

Hier soir, j’ai revu l’expérience de cette artiste, Marina Abramovic qui a regardé dans le « blanc de l’âme » des milliers d’inconnus assis en face d’elle un par un. L’expérience tendait à prouver qu’en se regardant au delà des apparences, en prenant le temps de Juste Regarder, alors, l’âme se détend et s’ouvre, se libère. Beaucoup pleuraient. Moi aussi, derrière mon ordi.

Ces quelques jours de réflexions analytiques m’ont aidée à dépasser mon Blue January. Je me sens rassérénée. Je remercie du fond du coeur Christiane Singer qui, à travers sa capacité à vivre le présent avec enthousiasme, malgré la souffrance et l’échéance inéluctable dont elle avait pleinement conscience, m’a permis de recouvrer la Raison d’Etre. Certes, tout n’est pas parfait dans ma vie. Les points gênants ne m’appartiennent pas spécialement (le destin de mon fils lui revient désormais et il faut vraiment que je lâche prise : c’est sans doute mon défi le plus important pour cette année à venir) ou alors ne sont pas encore prêts à être résolus (mon avenir professionnel). Au lieu de ruminer, il suffit de me dire que « Tout est possible », en cela est l’excitation d’un lendemain inconnu.

« Toute souffrance morale est notre incapacité d’expérimenter les choses comme elles sont, comme elles viennent à nous. »

 » Il est vrai que j’ai reçu un sacré don à la naissance : celui de tout magnifier. Il ne m’a jamais tout à fait quittée et je le retrouve dans cette allégresse profonde, qui malgré tout, m’habite. »

« Quand je laisse paisiblement se dérouler ma vie, le plus surprenant est que rien, mais vraiment rien ne m’y apparaît vain ou regrettable. Quelle force cela donne ! Il est vrai que j’ai passé nombre d’heures ces derniers temps « à m’asseoir » dans les zones d’ombre de ma vie, dans les relations d’amitié ou d’amour dont le fruit était resté sec, et j’ai attendu sans esquives que ces « bleus » se résorbent dans les tissus de l’âme comme se résorbe la trace des coups reçus dans la chair. Je tente de ne surtout rien esquiver. Je m’accompagne partout où l’âme me mène. »

« J’ai toujours partagé tout ce que je vivais ; toute mon oeuvre, toute mon écriture, était un partage de mon expérience de vie. Faire de la vie un haut lieu d’expérimentation.

« Allons-nous partager un moment de vie intense ? La seule chose qui m’intéresse : allons-nous partager du présent ? Du pur, du beau, du vif présent ? Voilà, voilà ! La vie comme art ! La rencontre-oeuvre d’art ! Voilà.

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Publié dans Lectures, Pensées, Ressentis, Société

Un gourdin d’une main, la chevelure d’une autre

11265418_918147411578095_8605591587900601131_n Dans son « Petit traité sur l’immensité du monde », Sylvain Tesson qui a maintes fois parcouru le monde à pied en partageant son quotidien avec des autochtones aux 4 coins du globe, dit y avoir perdu son « humanisme ». Ce dont il a été témoin et qu’il considère comme un « gynécide » l’a atterré : La femme est opprimée, rabaissée, humiliée, oubliée dans la quasi totalité des sociétés culturelles : Il a vu des femmes se pendre après avoir mis au monde des filles (Chine et Inde), manger à même le sol ce qui restait après que les hommes se soient restaurés, travailler aux champs pendant que leurs maris restaient à l’ombre des oliviers, etc, etc…

Depuis que le monde est monde, depuis que l’homme, le gourdin à la main, la chevelure de l’autre, s’est proclamé Dieu (pas pour rien qu’il ait personnifié le divin à travers des prophètes masculins), le mal s’est abattu ici-bas, pour les femmes en particulier.

Ce sujet revient inlassablement car la condition de la femme est toujours en souffrance. L’excision, le mariage forcé, l’esclavage sexuel, le sexisme, la discrimination…. Que d’horreurs perpétrées…

Pour ma part, depuis ma naissance, je ne me suis jamais construite sur un genre en particulier. Je me considère comme un « Etre vivant de race humaine et de sexe féminin ». Parce qu’il faut bien décrire mes caractéristiques physiques.

C’est peut être çà le vrai « humanisme », se définir Humain avant tout. Androgyne d’apparence, il fut longtemps difficile de déterminer en me regardant si j’étais une fille ou un garçon. Pour la petite anecdote, après une opération d’appendicite à 7 ans, quand je demandais à l’infirmière d’aller faire pipi, elle m’apporta la « glissière zizi » 🙂

Question vestimentaire, j’ai toujours été pratique : quand j’avais chaud, une robe, froid, un pantalon.

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C’est la société qui me renvoya à ma sexualité incessamment. Personnellement, ce n’est pas ce qui me caractérise. Après avoir exploré, expérimenté, j’ai choisi l’abstinence depuis de nombreuses années sans efforts ni palliatifs.

Cela ne m’a pas empêché de subir le sexisme de longue. Désolant, dégradant, consternant…pour ceux qui s’y adonnent par bêtise. Personnellement, je suis au-dessus de tout çà.

Juste humain(e). Chaque jour, je marche, mange, pète et souris. Je prends soin de moi par respect et envie de faire durer ce corps le plus longtemps possible.

Donc, quand on me demande mon téléphone pour « un rencard » alors que je fais causette fortuitement, sans que le charme n’ait opéré dans l’échange, la découverte et le partage de l’autre, quand mes « soupirants » sont grabataires, mariés, dépressifs, ma condition de « femme » m’est renvoyée en pleine gueule. Car ici, on frôle plus le syndrome Guss « sur un malentendu… » que la beauté de l’amour naissant ! J’ai beaucoup d’empathie pour les personnes que je croise et les aide au mieux, par un simple sourire déjà. Mais quand on voit en moi celle qui « pourra soulager en faisant à manger, le ménage et en massant les pieds », je vois rouge et trouve cela insupportable. Je n’y trouve aucune excuse. On ne me possède pas comme un objet, même en simple pensée. J’offre bien plus que çà : Je Suis pour tous ceux qui croisent ma route. Mais ils sont tous atteints de cécité du coeur malheureusement…

J’aime infiniment ma liberté et suis immensément reconnaissante de pouvoir décider sans aval masculin. Je pense à toutes ces femmes qui, par millions (milliard ?) ne sont pas libres de leurs faits et gestes. Cela m’indigne profondément !

Alors oui, les combats valent la peine. Cependant, je ne suis pas une Femen, juste une féministe, c’est la cause de l’ancestrale opprimée que je défends.

Je suis antispéciste aussi. Cela va de soi. Antiraciste aussi. C’est le clivage qui crée les conditions d’esclavage.

Pour autant, j’ai beaucoup mal à participer à tout ce débat concernant le harcèlement sexuel ou l’agression. Je suis….LASSE….. La vie passe et nos chaînes nous trépassent…

En ressortiront beaucoup de haine, de colère, de délation, de vies brisées. De là où nous sommes aujourd’hui, il n’y a plus qu’à espérer que toutes ces souffrances dénoncées feront évoluer favorablement la condition féminine. Et pourtant, voilà des décennies que cela semblait être le cas, à croire que l’homme restera avec son gourdin et sa poigne jusqu’au crépuscule de l’humanité…

Je suis juste triste de toute cette souffrance et de ce monde d’hallucinés.

Ce qui nous caractérise TOUS, c’est le fait d’être Vivant. Voilà le seul postulat à prendre en compte : Une vie se respecte, à commencer par la sienne.

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 » L’homme se distingue des autres animaux en ceci : il est le seul qui maltraite sa femelle, méfait dont ni les loups ni les lâches coyotes ne se rendent coupables, ni même le chien dégénéré par la domestication. »

Les Vagabonds du rail. Jack London.

Publié dans Lectures, Pensées, Sens

Si personne ne connaît votre chemin, alors, vous êtes sur le bon, le vôtre !

1947676_1022623821084774_4803717621699892003_n  La plupart des gens qui me côtoie perçoit mes choix de vie comme un ascèse. Ils ont cette idée saugrenue que je m’impose des défis et combats vainement. Mais il y a des personnes, dont je fais partie, pour qui la transcendance s’apparente à une transhumance : on ne cesse d’avancer pour paître et se repaître.

La plupart des gens pense que je m’impose des « contraintes » absurdes. Alors qu’au contraire, la simplicité me libère et m’apporte paix et sérénité. Mes choix, je ne les applique pas par dépit, esprit de rébellion, anticonformisme, mais ils sont le fruit d’une réflexion éthique et d’une volonté de paix et d’équilibre. Avec le temps, j’accepte l’idée d’être perçue comme une « pauvre fille » par certains (beaucoup). Je sais que je leur renvoie leurs propres peurs.

Mes lectures me permettent de comprendre différents courants de pensées. J’analyse et prends ce qui me convient. Je commence à me connaître suffisamment pour savoir ce dont j’ai actuellement besoin. Je suis en train de lire « le petit traité de l’immensité du monde » de Sylvain Tesson et bien que je puisse comprendre toute la teneur de son vagabondage, je ne rejoins pas sa pensée dans sa totalité : on peut trouver la liberté et la paix sans bouger. Mandela l’a fait.

Je défie les préjugés et à prioris naturellement et sans prise de tête. Ceux qui me croisent sans me connaître ne penseraient pas au prime abord rencontrer une solitaire détachée . Je ne me trimballe pas avec des Peace and Love sur les tee shirts.

Mon célibat est un acte réfléchi. Assumé, il est joie profonde. Il me confère la liberté d’Etre et d’Aimer. Il est ressources et Source.

Vous me direz certainement que je n’ai pas à me justifier. Je ne pense pas être en train de le faire. Mais voilà….

J’aime écrire comme j’aime respirer. Lorsque je m’y adonne, j’ai l’impression de virevolter, danser.

Je n’attends rien de vous ici, seulement le partage, comme une main tendue dans une ronde.

Je ne cherche pas de réponses ni d’auditoire spécifiquement. Juste Etre à travers l’écriture lue. C’est comme çà. Je fais partie de ces gens qui sont à l’aise en conférence, en cours, en écriture diffusée. Cela fait partie de ma personnalité. Je ne suis pas en attente. J’aime juste écrire. Progresser, me challenger spirituellement est foncièrement ce qui donne sens à ma vie. Je suis ainsi constituée.

J’admets mes failles, mes fragilités, mes erreurs. Cela n’empêche que j’ai envie de me relever et de me fortifier. Cela ne fait pas de moi quelqu’un qui fuit ou refuse la souffrance. J’aime juste savoir comment je vais avancer.

Je pense qu’il y a mille façons d’être humain. Certains créent, d’autres bâtissent, s’entourent, s’enroulent, suivent, s’enivrent, dépriment, s’angoissent, ont peur.

Ce qui me caractérise est cette volonté de quête spirituelle. C’est ainsi. Je sais que je l’ai toujours été, depuis toute petite. Ne pas m’y adonner est perdre sens à la vie. La vacuité de toute chose me plongerait dans le néant. Je m’ennuie dans la foule. Je trouve absurde ce qui est dans la norme.

Apprendre à me connaître est ce qui me conduit chaque jour sur mon chemin.

« Plus on évolue dans la vie, plus on se débarrasse des croyances qui nous limitent, et plus on a de choix. Et le choix, c’est la liberté. On ne peut pas être heureux si l’on se voit victime des événements ou des autres. Il est important de réaliser que c’est toujours vous qui décidez de votre vie, quelle qu’elle soit. (…). C’est vous qui êtes aux commandes. Vous êtes le maître de votre destin. Et vous ne devez pas avoir peur : vous découvrirez que c’est précisément lorsque vous vous autorisez à choisir des actions qui sont en harmonie avec vous, qui respectent vos valeurs et expriment vos compétences, que vous devenez très précieux pour les autres. Les portes s’ouvrent alors d’elles-mêmes. Tout devient plus facile et l’on n’a plus besoin de lutter pour avancer. »
Laurent Gounelle