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Quiétude

11215522_1173596229320865_4968147630167194975_n La semaine passée fut difficile, je ne vais pas le nier. Malgré mes efforts de vie saine et de force mentale à recouvrer, j’accusais fatigue et mauvaise humeur que je tentais tant bien que mal de garder pour moi.

Mais j’ai tenu bon, mes ressentis, mes doutes, mes questionnements, mes ruminations, je les ai explorés puis raisonnés avec le coeur.

Méditer est ce qui fonctionne le mieux dans ces cas là. Pour ma part, marcher avec mon chien est un bon exutoire, mieux que la pose du lotus sur un tapis.

Lorsque je marche, il m’arrive de parler fort (je regarde au préalable si je suis seule mais à vrai dire, à l’heure des oreillettes, cela ne choque plus personne : comme quoi, la « folie » est bien relative ! )

Même si le silence est lourd, j’essaie de garder mes distances. Seul le temps apaisera. Mon fils a ses raisons, ses visions. Ce n’est pas en m’imposant, m’immisçant qu’il y verra plus clair. Qu’il aille au bout de ses idées et envies.

Je l’ai encensé à tort. Je ne vais pas non plus le vilipender à tort aussi ! Il a son entité, sa raison d’être et de faire, et parfois, la distance est salutaire pour qu’il puisse devenir sans mon regard interrogateur qui devait parfois être gênant pour lui.

Ce n’est pas à moi de décider s’il extrapole, se berce d’illusions, manque d’authenticité : il a 20 ans et non 48. Il se cherche, il expérimente. Il Sera, sans doute différent de moi.

Il a 20 ans. Aujourd’hui. J’appréhendais ce jour, mais au final, je le vis bien ce matin. Cela me permet de constater mes avancées personnelles. Avant, j’aurais sauté sur l’occasion pour me victimiser à grands coups de mots grandiloquents et larmoyants. Très loin de la réalité en somme. Car malgré le vide et le ré-équilibrage, je souhaite le meilleur à mon fils et espère que le temps nous permettra de (re)vivre une relation harmonieuse. Car au final, peu me suffira : des mots gentils de temps à autre par exemple.

Je pense que tout ceci est un mal pour un bien. Et hier, le film « Wonder » que j’ai visionné et qui est magnifique, m’a confortée sur l’idée que je m’étais habituée à le (sur)protéger et à l’idéaliser. J’étais persuadée qu’il lui fallait un bagage d’études avant de s’envoler. En choisissant une vie « hippie », il veut sans doute se prouver à lui-même qu’il peut reconstruire à partir de rien. Et qu’au bout de ce rien reconstruit, il choisira peut être de reprendre des études, quand il sera prêt et motivé. Je l’ai bien fait à 44 ans ! 🙂 Toutes ces pensées me ramènent à une seule vérité : je serai mal placée pour juger les choix et erreurs de chacun.

Et puis, je vais être honnête envers moi-même : je suis soulagée de ne plus me sentir en inadéquation avec ce qu’il devenait, j’étais acculée à refaire tout ce chemin et cela m’oppressait : pour moi, le temps de la rébellion et des amours passionnés est révolu et c’est tant mieux.

Ma vie se berce désormais dans la quiétude que je recherche ardemment : mon logis respire de douceurs et langueurs et mes promenades régulières aux abords d’une nature authentique me ravissent jusqu’aux larmes.

Pour le reste, je sais que mon insatisfaction réside dans un travail devenu mortifère car non valorisant plutôt que par le choix de mon fils. Il m’appartient donc de le changer, pour moi cette fois afin de me rapprocher de mes « idéaux » professionnels. Enfin, disons que j’aspire à un travail moins sur le terrain, l’âge aidant.

Tout à l’heure, je vais lui envoyer un SMS pour son anniversaire. Je vais sans doute lui dire ceci tout simplement : « Parce que la Vie est précieuse et est Cadeau, prends soin de toi pour tes 20 ans, te souhaitant de trouver le bonheur qui te revient. Maman qui t’aime’.

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Ce que j’appelle amour est entier dans cette phrase d’un rabbin rescapé d’un camp de la mort : “La souffrance a tout calciné, tout consumé en moi, sauf l’amour.

Si cette phrase nous atteint de plein fouet, c’est que nous sentons bien combien nous sommes loin des représentations, du décorum de l’âme.

L’amour est ce qui reste quand il ne reste plus rien.

Nous avons tous cette mémoire au fond de nous quand, au-delà de nos échecs, de nos séparations, des mots auxquels nous survivons, monte du fond de la nuit comme un chant à peine audible, l’assurance qu’au-delà des désastres de nos biographies, qu’au-delà même de la joie, de la peine, de la naissance et de la mort, il existe un espace que rien ne menace, que rien jamais n’a menacé et qui n’encourt aucun risque de destruction, un espace intact, celui de l’amour qui a fondé notre être.

Où cours tu ? Ne sais-tu pas que le ciel est en toi ?
Christiane Singer

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Blue January

24993443_1760324980646353_5819315582535260979_n  Samedi : Depuis mon retour de Londres, le spleen m’envahissait. Le mauvais temps n’aide pas, c’est certain. Je n’arrive pas à décrocher mon attention d’événements que je considère négatifs et qu’ils ne le sont sans doute pas d’ailleurs. Ils doivent être au contraire révélateurs de lâcher prise et d’attention à acquérir vers la vacuité et tous ses possibles.

Incertitude de la pérennité de mon travail, impatience de mon fils qui aimerait tout plaquer pour voguer tel un vagabond…. La morosité et la lassitude m’assaillent et m’enveloppent. Paradoxalement, les visages éteints des humains autour de moi m’agacent au plus haut point. Je me surprends à être en colère contre tous ceux qui « ne savent pas juste être heureux ». Je sais, je suis un peu culottée et n’ai pas peur du ridicule. Mais bon, c’est entre moi et moi, alors, tout est permis 🙂

Les sentiments négatifs tels la colère, le ressentiment agissent comme un effet de pesanteur insupportable. Heureusement, désormais, je cerne assez vite ma part de responsabilité dans ces plongeons encore réguliers. Et c’est à travers la volonté de lâcher prise que j’accueille ce qui Est. Dans la pleine conscience, l’Amour rejaillit. Ma vie prend tout son sens dans le soin d’amour apporté à mes animaux d’abord. Fière de ne pas les négliger et d’être là pour eux. Car une Vie, c’est pas rien, une vie.

J’ai aidé et partagé aujourd’hui. J’ai vécu des moments de félicité comme celui de me réveiller d’une sieste bien méritée après une semaine chargée, dans la langueur apaisante et souriante de la quiétude de ma chambre. Je me sens privilégiée de pouvoir Vivre sans encombres, satisfaite et en bonne santé.

En bonne santé… Jeudi dernier à la médiathèque, le livre de Christiane Singer « Derniers fragments d’un long voyage » est venu se blottir dans mes bras. Lire les mots enthousiastes de cette femme alors qu’elle se savait mourante et qu’elle en souffrait atrocement est une leçon de vie magistrale. Jamais encore je n’avais lu un témoignage aussi poignant d’une vie qui s’en va..vers du « neuf » comme elle disait.

Ses derniers mots  édités furent « Du fond du coeur, merci ».

Je pensais au départ de mon père sur son lit d’hôpital et de mes silences qui l’entouraient. Mes 17 ans n’étaient pas une excuse. J’aurais pu faire l’effort de l’écouter, lui poser des questions, entendre cette souffrance que je ne percevais pas (comme s’il s’en était allé sans avoir été rongé par la maladie, alors que ce ne fut pas le cas..). Je manquais cruellement d’avancée vers l’autre. Et dire que je le reproche à mon fils aujourd’hui… Cet après-midi, avant ma sieste réparatrice, j’ai demandé Pardon à mon père. De ce rendez-vous manqué. Cela m’a fait un bien immense. Demander Pardon est une vraie libération !

Dimanche : Grasse matinée jusqu’à 10h. Lâcher prise sur ce « que j’ai à faire ». Je considère trop le week end comme une période qui doit rattraper mes indisponibilités de la semaine. Je dois apprendre à ré-organiser ma vie pour me sentir encore plus libre et légère. Par exemple, pour le ménage, penser à faire un petit peu chaque jour pour alléger mon dimanche.

J’avais décrété que mon week end serait pourri car depuis jeudi soir, une (énième) copine de mon fils est à la maison. Nous étions parties sur de très mauvaises bases car vendredi midi, à mon retour du travail, j’avais trouvé la porte d’entrée grande ouverte alors que j’ai deux chats susceptibles de fuir. Impossible de trouver ma Gaia qui s’était planquée. J’étais furieuse ! Le vendredi soir, la copine a investi ma cuisine comme si je n’existais pas, tant et si bien que je suis sortie jusqu’à minuit ! Et puis hier, j’ai décidé de lâcher prise. Elle a son caractère, sa façon d’être. Elle est de passage ici. Mon fils seul décidera du futur de cette relation. Je peux recevoir quelques jours quelqu’un à la maison sans en faire une jaunisse 🙂 Je ne la connais pas, ses souffrances, sa solitude sont sans doute prégnantes et déterminent sa manière d’Etre.

Hier soir, j’ai revu l’expérience de cette artiste, Marina Abramovic qui a regardé dans le « blanc de l’âme » des milliers d’inconnus assis en face d’elle un par un. L’expérience tendait à prouver qu’en se regardant au delà des apparences, en prenant le temps de Juste Regarder, alors, l’âme se détend et s’ouvre, se libère. Beaucoup pleuraient. Moi aussi, derrière mon ordi.

Ces quelques jours de réflexions analytiques m’ont aidée à dépasser mon Blue January. Je me sens rassérénée. Je remercie du fond du coeur Christiane Singer qui, à travers sa capacité à vivre le présent avec enthousiasme, malgré la souffrance et l’échéance inéluctable dont elle avait pleinement conscience, m’a permis de recouvrer la Raison d’Etre. Certes, tout n’est pas parfait dans ma vie. Les points gênants ne m’appartiennent pas spécialement (le destin de mon fils lui revient désormais et il faut vraiment que je lâche prise : c’est sans doute mon défi le plus important pour cette année à venir) ou alors ne sont pas encore prêts à être résolus (mon avenir professionnel). Au lieu de ruminer, il suffit de me dire que « Tout est possible », en cela est l’excitation d’un lendemain inconnu.

« Toute souffrance morale est notre incapacité d’expérimenter les choses comme elles sont, comme elles viennent à nous. »

 » Il est vrai que j’ai reçu un sacré don à la naissance : celui de tout magnifier. Il ne m’a jamais tout à fait quittée et je le retrouve dans cette allégresse profonde, qui malgré tout, m’habite. »

« Quand je laisse paisiblement se dérouler ma vie, le plus surprenant est que rien, mais vraiment rien ne m’y apparaît vain ou regrettable. Quelle force cela donne ! Il est vrai que j’ai passé nombre d’heures ces derniers temps « à m’asseoir » dans les zones d’ombre de ma vie, dans les relations d’amitié ou d’amour dont le fruit était resté sec, et j’ai attendu sans esquives que ces « bleus » se résorbent dans les tissus de l’âme comme se résorbe la trace des coups reçus dans la chair. Je tente de ne surtout rien esquiver. Je m’accompagne partout où l’âme me mène. »

« J’ai toujours partagé tout ce que je vivais ; toute mon oeuvre, toute mon écriture, était un partage de mon expérience de vie. Faire de la vie un haut lieu d’expérimentation.

« Allons-nous partager un moment de vie intense ? La seule chose qui m’intéresse : allons-nous partager du présent ? Du pur, du beau, du vif présent ? Voilà, voilà ! La vie comme art ! La rencontre-oeuvre d’art ! Voilà.

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Publié dans Le bonheur, Méditation

Dans mon semi-ermitage

625462_2334555899524_824175614_n Dans mon semi-ermitage, je perds complètement la notion du temps. Au réveil, je dois faire de gros efforts pour me rappeler quel jour de la semaine nous sommes.. Mes vacances ont défilé rapidement malgré ma solitude.

Aucun ressenti d’ennui, ni de lassitude. Aucun sentiment négatif envahissant…  Cette expérience est en train de me transformer durablement. Jusqu’alors, je m’octroyais des visites familiales et amicales durant ma période de vacances et coupais donc cette semi-retraite. Et puis, j’avais mon fils même s’il était autonome depuis quelques années. Là, il a passé son mois d’août sur les routes de France. Il vit un rêve éveillé, celui d’un « vagabond libertaire » comme il aime s’appeler. Je suis si heureuse pour lui 🙂 Il se trouve actuellement au festival de théâtre des rues à Aurillac.

Pour la première fois de mon existence, j’ai réussi à me retirer favorablement afin de me renforcer spirituellement. Hier, j’ai pu constater mon évolution : je ressentais en moi une petite fatigue, ce genre de sensation qui vous pèse sans trop savoir pourquoi. Je me suis d’abord allongée pour une sieste et puis me suis ravisée. J’ai médité à la place, sur mes réactions, ma façon de me comporter, mais aussi sur tous les bienfaits que m’apportait l’existence et oh combien chanceuse j’étais. Je remerciais la Vie, remplie de gratitude. A la fin de cette séance, j’étais revigorée et en pleine forme.

Lors de mes séances de méditation, je « travaille » sur l’amélioration de mon être, mais aussi sur ma vision des autres. Je me convaincs que chacun d’entre nous cherche à être heureux, tout simplement. Et souvent, les tensions d’autrui sont synonymes de peur, de lassitude, de déceptions vis à vis de ce bonheur qui lui semble inaccessible. Le comprendre, c’est avoir une vision compassionnelle de ce qu’il « endure ». Mon souhait est alors de le voir se « libérer » tout comme je l’ai fait. Dans autrui, j’inclus tout être humain, connu ou juste croisé.

Pour ma part, je sais désormais que le bonheur dépend de l’équilibre spirituel. La lecture du livre de Matthieu Ricard m’a beaucoup aidée ces derniers jours. Je reviendrais sur les réflexions qui en ont découlé.

Je suis heureuse d’avoir réussi ce semi-ermitage, d’en ressortir forte, grandie, encore transformée. Je suis impatiente d’en constater les bienfaits lorsque je retrouverais ma vie sociale dans 10 jours.

En attendant, je continue, sereine, confiante, heureuse.